Nout Zistoir · Femmes de mémoire

Anne Mousse

Une femme née à Bourbon aux premiers temps du peuplement durable. Plus de trois siècles plus tard, son nom continue de traverser la mémoire de La Réunion.

Bourbon · 1668Saint-PaulSainte-MarieMémoire réunionnaise
Aux commencements

Une enfant née sur une île qui commence à devenir une société

En avril 1668, Bourbon est encore très peu peuplée. C’est dans ce monde naissant qu’apparaît le nom d’Anne Mousse, fille de Jean Mousse et de Marie Caze, arrivés de Madagascar quelques années auparavant.

Le 10 et le 14 avril apparaissent dans les récits consacrés à sa naissance. Un repère demeure commun : Anne Mousse naît à Bourbon en avril 1668.

Son histoire prend une place particulière parce qu’elle appartient aux premières générations nées sur l’île. Elle nous ramène à une époque où se construisent progressivement familles, quartiers, liens sociaux et métissages qui participeront à l’histoire réunionnaise.

Statue contemporaine en bronze dédiée à Anne Mousse à Sainte-Marie
Anne Mousse dans la mémoire d’aujourd’hui. Statue en bronze à Sainte-Marie, œuvre d’Anne Hoarau avec Alexandre Guéry. Cette sculpture contemporaine n’est pas un portrait historique. Photo : Alexanne97431, CC BY-SA 4.0.

Raconter Anne Mousse, ce n’est pas inventer son visage : c’est retrouver la place que son histoire occupe dans la naissance d’une société réunionnaise.

Repères

Une vie entre Saint-Paul et Sainte-Marie

1668Naissance à Bourbon, dans la région de Saint-Paul, en avril.
1687Anne Mousse épouse Noël Tessier. Leur vie familiale se poursuit à Sainte-Marie.
1720–1730Sa mémoire est associée à l’histoire religieuse et territoriale de Sainte-Marie, notamment autour de la Chapelle Blanche.
1733Décès à Sainte-Marie. Sa descendance participe durablement à l’histoire de nombreuses familles de l’île.
Famille · transmission

Une histoire de métissage et de descendance

Des parents venus de Madagascar

Jean Mousse et Marie Caze figurent parmi les Malgaches présents dans les premières installations durables à Bourbon. Leur parcours appartient à l’histoire complexe des débuts du peuplement.

Huit enfants

Les récits de sa vie familiale attribuent huit enfants au couple formé par Anne Mousse et Noël Tessier, dont six filles. La descendance devient nombreuse au fil des générations.

« Grand-mère des Réunionnais »

Cette expression appartient à la mémoire collective. Elle dit l’importance de sa descendance, mais ne doit pas être comprise littéralement comme une affirmation selon laquelle tous les Réunionnais descendraient d’elle.

L’identité de Mwin Lé Réunion

Anne Mousse, inspiration de notre Marianne

« Elle ne représente pas Anne Mousse telle qu’elle était. Elle représente ce qu’Anne Mousse a inspiré à Mwin Lé Réunion. »

Marianne symbolique de Mwin Lé Réunion

Lorsque Mwin Lé Réunion a imaginé son identité, nous ne voulions pas d’un simple logo. Nous voulions une figure symbolique capable de porter une part de la mémoire de notre île.

Mwin Lé Réunion a choisi Anne Mousse comme source d’inspiration pour concevoir sa propre représentation de la « Marianne » réunionnaise.

Ce choix est exclusivement celui de Mwin Lé Réunion. Il résulte de notre propre réflexion éditoriale et symbolique sur la place qu’Anne Mousse occupe dans l’histoire et la mémoire de La Réunion. Il ne prétend ni reproduire son véritable visage — qui ne nous est pas connu — ni lui attribuer officiellement un statut historique de « Marianne de La Réunion ».

À travers cette Marianne contemporaine, nous avons voulu évoquer une femme née à Bourbon aux premiers temps du peuplement durable, mais aussi la transmission d’une histoire devenue, génération après génération, une part de notre mémoire commune.

Elle regarde notre passé sans y rester enfermée. Elle porte la mémoire, la transmission et cette volonté qui fonde Mwin Lé Réunion : connaître ce qui nous précède pour mieux comprendre ce que nous sommes devenus.

Sainte-Marie

Une mémoire inscrite dans le territoire

À Sainte-Marie, Anne Mousse n’est plus seulement un nom rencontré dans les récits des premiers temps de Bourbon. Sa mémoire s’inscrit dans des lieux, dans l’histoire de la paroisse, dans un équipement culturel qui porte son nom et, depuis 2025, dans une œuvre de bronze.

Les archives consacrées à Sainte-Marie associent Anne Mousse à la Chapelle Blanche, édifiée au XVIIIe siècle, et à l’histoire qui conduira à la constitution de la paroisse. Elle relie une trajectoire familiale à la formation d’un territoire.

Une statue, pas un portrait.

Le monument inauguré à Sainte-Marie en 2025 est une interprétation artistique contemporaine. Il donne aujourd’hui une présence visible à Anne Mousse, mais ne doit jamais être présenté comme la restitution de son apparence au XVIIe siècle.

Histoire · mémoire · représentation

Ce que l’histoire établit, ce que la mémoire transmet

Une date, une famille, un visage de bronze : ces traces ne parlent pas toutes de la même façon. Les documents racontent une vie ; les générations suivantes lui donnent une place dans leur mémoire.

Établi

Anne Mousse naît à Bourbon en 1668, vit entre les espaces de Saint-Paul et de Sainte-Marie et laisse une descendance importante.

À lire avec nuance

Le jour exact d’avril diffère selon les récits historiques. Les expressions mémorielles comme « grand-mère des Réunionnais » ne sont pas des démonstrations généalogiques.

Les visages d’aujourd’hui

Aucun visage d’époque n’est ici présenté comme authentique. Les représentations modernes sont identifiées pour ce qu’elles sont : des œuvres de mémoire.

Une île, des héritages

Faire une place, sans prendre toute la place

Choisir Anne Mousse comme inspiration n’efface pas les autres femmes des premiers peuplements, ni les générations arrivées ensuite. Une figure symbolique peut ouvrir une porte ; elle ne doit pas refermer le récit sur une seule famille. La Réunion s’est construite par des trajectoires multiples, des liens choisis et des rapports de domination, des départs subis et des attachements nouveaux.

Notre Marianne porte cette invitation : entrer dans l’histoire de l’île avec le désir de comprendre. Elle ne demande pas au visiteur de prouver une ascendance pour y trouver sa place. Habiter une mémoire commune ne signifie pas posséder la même généalogie. Cela suppose aussi d’écouter les histoires qui n’ont pas été transmises dans sa propre famille.

À côté du symbole demeurent les traces concrètes : un nom dans un document, un lieu habité, une filiation à vérifier, un récit raconté par un ancien. C’est dans ce passage entre le proche et le collectif que la mémoire devient vivante. Le médaillon accompagne cette recherche ; il ne remplace ni les personnes, ni les archives, ni la parole de celles et ceux qui transmettent.

Carte ancienne de l’île Bourbon publiée dans l’ouvrage de Flacourt
Bourbon au XVIIe siècle, dans l’ouvrage de Flacourt. Une représentation ancienne de l’île, à lire avec les connaissances de son temps. Document du domaine public, fonds BnF.

Pour retrouver ces commencements, poursuivez avec Nout Premiers Habitants, puis les histoires de Saint-Paul et de Sainte-Marie. Les lieux et les trajectoires donnent au symbole sa profondeur.

Poursuivre dans Mwin Lé Réunion

Une histoire en appelle une autre

Une mémoire à partager

Un souvenir autour d’un lieu, une photographie dont vous connaissez l’origine, une correction historique : votre contribution peut donner une nouvelle profondeur à ce récit.

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