Nout Communes · N° 01 dans l’ordre historique
Saint-Paul
Là où s’enracine le premier peuplement permanent de Bourbon.
Feu d’artifice sur la baie de Saint-Paul, 2017.
Naissance de la commune
Une paroisse bien avant l’acte municipal
Saint-Paul ouvre l’ordre d’apparition des communes réunionnaises dans la synthèse de l’Insee. L’ancienne paroisse devient commune avec l’organisation municipale issue de la Révolution. Cette date administrative n’efface pas ce qui existait avant elle : le campement, les familles, les concessions, l’esclavage, le marronnage, les cultures et la vie de bord de mer.
Le code INSEE est 97415. Les codes postaux du territoire couvrent 97411, 97422, 97423, 97434, 97435 et 97460. En 2023, la population municipale est de 108 088 habitants. Le premier repère homogène de la série Insee, publié sous l’année 1968, compte 43 129 habitants.
Histoire lontan
La baie, avant que la ville n’existe
Avant le peuplement qui dure, l’île a déjà été touchée, puis quittée. En 1642, Mascareigne est prise au nom du roi. En 1646, douze exilés s’installent au Tour des Roches. Ils donnent au lieu le nom de Saint-Paul. En 1649, ils sont rappelés, et l’île reçoit le nom de Bourbon. Un autre séjour, avec des cultures dont le tabac, dure de 1654 à 1658. Une carte de 1661 montre encore une île très peu habitée. Elle ne montre pas les visages.
Le groupe qui reste arrive en 1663. Dix Malgaches, dont trois adolescentes, débarquent avec Louis Payen et un autre Français. Deux ans plus tard, en 1665, vingt colons venus de France arrivent avec Étienne Regnault. Le 9 juillet 1665, le navire Le Taureau débarque à Saint-Paul les hommes de la Compagnie des Indes orientales. René Hoarau est de ce jour-là. Il naît vers 1640 à Menneville, près de Boulogne-sur-Mer. En 1669 il épouse Marie Baudry. Il meurt à Saint-Paul le 7 juillet 1706. Après des disputes, une partie du premier groupe s’enfuit dans les Hauts, puis revient auprès des colons du Tour des Roches. Les deux arrivées finissent au même rivage.
Les Malgaches sont là dès le premier jour, souvent sans patronyme transmis. Les personnes réduites en esclavage, les marrons, puis les engagés participent ensuite à la formation du peuple. Réduire Saint-Paul aux seuls colons laisserait la baie à moitié vide.
Anne Mousse et les premières familles
En avril 1668, Anne Mousse naît à Bourbon, dans la région de Saint-Paul. Elle est la fille de Jean Mousse et de Marie Caze, arrivés de Madagascar. Le 10 et le 14 avril sont tous les deux écrits. Le Tour des Roches appartient au vieux Saint-Paul, et la mémoire de la ville l’associe à ces premiers temps.
En 1687, elle épouse Noël Tessier. Leur vie se poursuit à Sainte-Marie, où elle meurt en 1733. Ils ont huit enfants, dont six filles. On l’appelle la grand-mère des Réunionnais, pour une descendance nombreuse. La statue de bronze inaugurée à Sainte-Marie en 2025 est une œuvre d’aujourd’hui.
Habitations, café, canne
L’Étang, le Tour des Roches, la baie et les terres des Bas forment le décor des premières sociétés d’habitation. On y cultive d’abord pour vivre. Saint-Paul est décrit, au début du XVIIIe siècle, comme un quartier traditionnellement vivrier : ces vivres nourrissent les familles et ravitaillent les navires. Le café de Moka, au début du XVIIIe siècle, est retenu par le Département comme un moment où la demande de main-d’œuvre servile s’accroît. La canne, plus tard, élargit encore les habitations. Le Code noir de 1723 écrit le système. Le commandeur, le champ, la case, la punition et le marronnage sont les mots que les archives répètent. Ils ne suffisent pas à reconstituer une journée.
Saint-Paul reste longtemps le principal centre de la jeune colonie, et la première capitale, avant le transfert durable du pouvoir vers Saint-Denis au XVIIIe siècle. Dans les Hauts, Mafate garde une autre mémoire : celle des refuges, puis des îlets, et d’une vie longtemps structurée par les sentiers.
Le 27 avril 1848, à Paris, le décret d’abolition est pris. À Bourbon, il devient effectif le 20 décembre, après la mission de Sarda Garriga. Ce jour-là, le statut tombe. L’habitation, la canne et le besoin de bras restent. L’engagisme, déjà essayé, devient alors le grand recrutement. Le 20 décembre 1848, un navire apporte environ 500 engagés de Pondichéry et de Karikal. L’engagisme touche ensuite les domaines de canne de l’île, y compris ceux de l’Ouest.
Routes, train, ville d’aujourd’hui
Les chemins précèdent le rail. Dès 1730, on convient d’ouvrir un passage en haut de la falaise, vers Saint-Denis. Il est mis en service en 1732. Honoré de Crémont le fait paver de basalte entre 1767 et 1775. Le 8 juillet 1810, des troupes britanniques débarquent à la Grande Chaloupe et prennent ce chemin pour arriver sur Saint-Denis par derrière. Le surnom de chemin des Anglais vient de là.
Le projet d’un chemin de fer lié au port est posé en 1875. L’idée est aussi datée de 1858. La Compagnie du chemin de fer et du port de La Réunion est fondée le 29 février 1878, et les travaux commencent la même année. Un premier train est en gare de Saint-Denis le 9 août 1881. Entre Le Port et Saint-Pierre, la fermeture est datée de 1955, et aussi de 1957. L’ancienne gare de Saint-Paul est le souvenir de ce passage dans le bourg.
Au XXe siècle, les usines de l’Ouest se taisent les unes après les autres. À La Saline, Vue-Belle s’arrête entre 1969 et 1970. La sucrerie de Savanna s’arrête en 1986. Le rhum qui porte encore ce nom vient d’une distillerie signalée en 1870 à Saint-Paul, puis déplacée en 1992 à côté de Bois-Rouge. Saint-Paul devient commune bilingue créole réunionnais et français en 2010. En 2023, elle compte 108 088 habitants.
Les premiers peuplements · Anne Mousse · Hoarau · L’esclavage · 20 décembre 1848 · L’engagisme · Le chemin de fer
Deux Saint-Gilles
Le littoral et les habitations
Saint-Gilles, ce sont deux mémoires qui se regardent : en bas, l’eau et le bord de mer ; en haut, les habitations, le sucre et les personnes qui y ont travaillé.
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Saint-Gilles-les-Bains
La Ravine Saint-Gilles descend vers ce littoral. Dans un Ouest où les rivières se taisent une grande partie de l’année, celle-ci coule encore, parce que l’eau ressort près de la mer en résurgences. Elle a fait des vergers, des canaux, une oasis au milieu des pentes sèches. Elle fait encore les robinets de Saint-Gilles, captée à Bassin Malheur et traitée à l’usine de Grand-Fond.
La mémoire du bord de mer est celle de la pêche, des cultures maraîchères et des chemins qui menaient à l’eau. Les canaux le long de la ravine disent comment cette eau a été conduite vers les cultures. Depuis 2003, le fond de la ravine est interdit. Le développement balnéaire est venu après. Il ne résume pas le quartier.
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Saint-Gilles-les-Hauts
Saint-Gilles-les-Hauts est le côté des habitations, avec Villèle. Le Domaine de Villèle et la Chapelle Pointue y portent la mémoire de ces terres : la maison de maître, les bâtiments de service, les machines que l’archéologie lit encore, et le culte ouvert aux habitants des environs comme aux personnes réduites en esclavage sur le domaine.
Le géranium rosat, arrivé dans les années 1870-1880 et distillé de façon organisée à partir de 1882, transforme les Hauts de Saint-Paul au début du XXe siècle. Le défrichement, tenu vers 1 600 mètres, fait reculer la forêt et accompagne de nouveaux villages, de Villèle jusqu’aux abords du Maïdo.
Nout Dlo
La Ravine Saint-Gilles et ses trois bassins
L’eau ne court pas depuis les Hauts à ciel ouvert jusqu’à la mer. Elle ressort près du littoral. Trois bassins se suivent : Malheur, les Aigrettes, puis Cormoran. Le canal Jacques longe cette eau et la conduit vers les cultures. Depuis le 12 septembre 2003, un arrêté municipal interdit l’accès au lit entre Malheur et les Cormorans, à cause de l’instabilité des falaises. Le 6 mars 2025, après le cyclone Garance, la ville a rappelé l’interdiction : le grand talus du canal Jacques s’était encore fragilisé. Un accident mortel a eu lieu en 2022.
L’accès au lit est fermé depuis 2003
Malheur, les Aigrettes et Cormoran se regardent depuis les bords autorisés. On ne descend pas dans le lit. Depuis 2022, la prise d’eau de Malheur doit être remplacée par des forages. Si les études tiennent, ils pourraient commencer au second semestre 2026. L’échéance annoncée pour cette ressource est 2030. Ce n’est pas une réouverture.
Bassin Malheur
C’est le premier grand plan d’eau de la réapparition, et le captage qui alimente Saint-Gilles. L’eau est ensuite traitée à l’usine de Grand-Fond. Le nom est sombre. Aucun événement précis ne l’explique. Le danger connu est celui des falaises, celui qui a fermé le lit en 2003.
Bassin des Aigrettes
C’est le bassin du milieu, entre Malheur en amont et Cormoran en aval. Dans un Ouest sec la plus grande partie de l’année, la cascade et la vasque font ici une poche verte : fougères, lianes, et l’eau qui tombe contre la falaise.
Le nom dit un oiseau d’eau. Tout près, le canal Jacques rappelle l’autre histoire du lieu. Cette eau a été prise, conduite, et menée vers les vergers et les cultures de Saint-Gilles. Les canaux le long de la ravine sont la trace de ce travail.
Le lit reste fermé depuis 2003, avec les deux autres bassins. On regarde la cascade depuis un bord autorisé. La notice du bassin prolonge ce récit.
Bassin Cormoran
C’est le palier d’aval. La cascade tombe dans un plan d’eau sombre, au pied d’une falaise en gradins. Après les Aigrettes, l’eau continue ici, puis vers l’embouchure, le port et le bord de mer de Saint-Gilles-les-Bains.
L’arrêté de 2003 le nomme avec Malheur et les Aigrettes. Les falaises y sont les mêmes, et le lit y est fermé pour la même raison. Le cormoran africain a vécu à La Réunion. Le bassin en porte le nom.
En amont, Malheur est le captage. Au milieu, les Aigrettes sont la vasque la plus connue. Cormoran ferme la suite. Trois lieux, trois visages, une seule ravine.
Quartiers, îlets et écarts
Les quartiers, un par un
Le bourg, l’étang, les Hauts, le littoral et les îlets ne racontent pas la même histoire. Chaque lieu garde ici ce qui est déjà établi, et ouvre la page qui le prolonge.
Saint-Paul centre
Un noyau permanent s’installe en 1663. La baie, l’Étang et le Tour des Roches forment le décor des premières sociétés d’habitation. Le pouvoir passe durablement à Saint-Denis au XVIIIe siècle. Le bourg continue : le marché, le débarcadère, le cimetière marin, l’ancienne gare. Le centre reste le théâtre des commencements, entre la mer et l’étang.
Plateau Caillou
Plateau Caillou est un quartier du bourg, avec le centre, le Tour des Roches et Savanna. Il appartient aux terres de la baie, celles du peuplement de 1663. Cases, chemins et cultures des Bas s’y sont succédé avant que la ville ne gagne sur le plateau.
Savanna
La sucrerie de Savanna s’arrête en 1986. Longtemps, l’usine a été un des grands lieux de travail de la canne, à Saint-Paul. Le rhum qui porte encore ce nom vient d’une distillerie signalée en 1870 dans la commune, puis déplacée en 1992 à côté de Bois-Rouge. L’usine et la bouteille n’ont pas la même adresse.
Tour des Roches
C’est ici que les exilés de 1646 posent le nom de Saint-Paul, et ici que le groupe de 1663 s’établit. Au contact de l’Étang, le quartier appartient au vieux bourg. Anne Mousse naît en avril 1668 dans la région. Chemin du Tour des Roches, au sud-ouest de la ville, la poudrière commence en 1723 : une salle voûtée, des murs d’un mètre trente, une enceinte, pour garder la poudre au sec et à l’écart. Elle est inscrite monument historique le 31 octobre 1994. Le moulin à eau du même quartier est un autre ouvrage : la roue est au-dessus du canal.
Villèle
Le Domaine de Villèle regroupait, au cœur d’une grande habitation, la maison de maître et les bâtiments de service et de production. Il est inscrit en totalité au titre des monuments historiques le 16 juin 1997, puis classé par arrêté du 19 décembre 2019. L’archéologie y lit encore des machines. La Chapelle Pointue, tout près, est voulue par Madame Desbassayns, dédiée à la Vierge et à sainte Ombeline. La première pierre est posée le 17 novembre 1841. Monseigneur Poncelet la bénit le 16 août 1843. L’autel de marbre, d’un sculpteur de Nantes, est achevé en 1845. La chapelle familiale est ouverte aux habitants des environs et aux personnes réduites en esclavage sur le domaine. En 1866, la tombe de Madame Desbassayns est transférée depuis le cimetière de Saint-Paul dans le chœur. Le 4 février 1932, jour anniversaire de sa mort, un cyclone détruit la chapelle. Elle est reconstruite en 1933, restaurée en 2001, et classée le 12 août 1970.
L’Éperon
L’Éperon appartient aux Hauts de Saint-Gilles, du côté de Villèle. Au début du XXe siècle, le géranium rosat transforme ces hauteurs. Le défrichement est tenu vers 1 600 mètres. La forêt recule, les alambics s’installent, et le quartier reste lié aux terres de l’habitation.
Fleurimont
Fleurimont est un quartier des Hauts. La canne, puis le géranium, et les cases le long des chemins forment l’histoire agricole de ce côté. Bois-de-Nèfles en garde la mémoire la plus écrite : en 2018, une stèle y rend 19 noms de Poilus.
La Plaine
La Plaine est un quartier des Hauts de Saint-Paul. Le géranium rosat y a accompagné, comme sur les hauteurs voisines, le défrichement du début du XXe siècle. Une petite quantité d’huile partait mieux que des charretées de canne. Les cases et les chemins ont suivi la culture.
Bois-de-Nèfles
En 2018, une stèle de granit rend 19 noms en lettres d’or aux Poilus de Bois-de-Nèfles. Les recherches d’Alexis Miranville, avec le Cercle généalogique de Bourbon et l’Office national des anciens combattants, ont montré des omissions sur l’ancienne plaque. Beaucoup de ces hommes étaient cultivateurs, petits propriétaires ou journaliers. Le monument aux morts de la ville porte une plaque « Bois de Nèfles ». L’église du quartier est Notre-Dame-de-la-Visitation. Devant elle, une fontaine porte le millésime 1875.
Le Guillaume
Le Guillaume est un quartier des Hauts, du côté des cultures et des cases. Le belvédère du Maïdo ouvre Mafate : le Bronchard, les remparts, l’îlet de Roche Plate. Le Piton Maïdo est le relief de ce rempart.
Petite-France
Petite-France est un quartier des Hauts. Le géranium rosat, distillé de façon organisée depuis 1882, a accompagné de nouveaux villages de ce côté au début du XXe siècle, jusqu’aux abords du Maïdo.
La Saline
À La Saline, l’usine de Vue-Belle s’arrête entre 1969 et 1970. Plus tôt, l’auberge de Célimène Gaudieux y est un relais entre Saint-Paul et Saint-Leu. Marie-Monique naît à Saint-Paul le 20 avril 1807. On la connaît sous le nom de Célimène. Elle meurt à Saint-Paul le 13 juillet 1864. Elle a pu porter le nom de sa fille.
La Saline-les-Bains
La Saline-les-Bains est le bord de mer : la plage, le rivage, la route vers Saint-Leu. L’usine de Vue-Belle est dans les terres. Le littoral et la sucrerie sont deux mémoires distinctes.
Bernica
La ravine Bernica est celle du poème de Leconte de Lisle, entre le bourg et les Hauts. En 1886, André Salles photographie l’ancienne batterie, avec ses canons encore dans l’herbe. En 1889, Henri Georgi photographie la ravine elle-même. Ces deux images ouvrent les archives de la page.
Les îlets de Mafate
Dans les Hauts, Mafate garde la mémoire des refuges, puis des îlets. Dix îlets principaux comptent sur le territoire de l’Ouest : Grand Place, Aurère, Îlet à Malheur, Îlet à Bourse, Cayenne, Îlet des Orangers, Îlet des Lataniers, Roche Plate, Marla et La Nouvelle. Roche Plate, dans Mafate, est l’îlet au pied du Bronchard. Depuis le Maïdo, on voit le cirque s’ouvrir. Les sentiers relient encore ces écarts. Chaque îlet a sa fiche dans Nout Îlets.
Nout terroir
Ce que la terre et la mer donnaient
Vivres, café, canne
Avant les grandes cultures d’exportation, il fallait manger. Saint-Paul est un quartier vivrier au début du XVIIIe siècle : ces vivres nourrissent les familles et ravitaillent les navires. Le café de Moka, puis la canne, transforment les habitations et la demande de bras. Le commandeur, le champ, la case et le marronnage font partie de cette histoire.
Géranium des Hauts
Le géranium rosat aime la lumière et l’altitude. Au début du XXe siècle, il contribue à la mise en valeur des Hauts de l’Ouest et à de nouveaux villages, du Tampon jusqu’au Maïdo. Une petite quantité d’huile se transporte mieux que des tonnes de canne. Le défrichement, tenu vers 1 600 mètres, fait reculer la forêt.
Usines et métiers
Mouiller, planter, couper, charger, distiller, pêcher : les gestes précèdent les enseignes. Vue-Belle s’arrête entre 1969 et 1970. Savanna s’arrête en 1986. Grand-Fond et Bruniquel gardent des vestiges sucriers. Le marché forain et la pêche côtière accompagnent cette vie du bord de mer.
Cases, chemins, table
Les cases créoles et les chemins d’avant la voiture font partie du paysage habité. Les fêtes, le maloya et la table se transmettent dans les familles de l’Ouest.
Nout patrimoine
Les lieux qui tiennent encore
La grotte des premiers Français, l’Étang, le Tour des Roches, le cimetière marin, la poudrière, le débarcadère et l’ancienne gare tiennent le vieux bourg. Villèle et la Chapelle Pointue tiennent les Hauts de Saint-Gilles. Grand-Fond, Bruniquel et Savanna gardent la canne. Bernica a son poème. Le Maïdo regarde Mafate. Le Grand Bénare et les Trois Salazes ferment l’horizon. La paléoforêt de la Rivière des Galets s’étend vers La Possession.
Anne Mousse, René Hoarau, Célimène Gaudieux et les dix-neuf noms de Bois-de-Nèfles sont de cette commune. Leconte de Lisle a donné un poème à la ravine Bernica. Eugène Dayot a popularisé une lecture du nom de Mafate.
Zot té koté ?
Lontan et zordi
Deux archives, deux regards sur Bernica. La batterie en 1886, la ravine en 1889.
Population
Des premières arrivées à 108 088 habitants
En 1646, douze exilés nomment le lieu et repartent. En 1663, douze personnes ouvrent le peuplement qui dure : dix Malgaches, dont trois adolescentes, avec deux Français. En 1665, vingt colons arrivent avec Étienne Regnault. Ce sont les effectifs des arrivées, pas encore le compte d’une commune. L’ancienne paroisse devient commune avec l’organisation municipale issue de la Révolution. Le jour exact de cet acte n’est pas posé ici.
Entre ces arrivées et 1961, Saint-Paul n’a pas de compte communal chaque année. Le premier recensement communal tenu ici est celui de 1961 : 35 528 habitants. Le même nombre est parfois publié sous l’année 1962. Ensuite, les recensements suivent le rythme de l’Insee. Depuis 2006, la population municipale est publiée chaque année. Le bourg, le littoral de Saint-Gilles et de La Saline, les Hauts et les îlets de Mafate tiennent dans le même territoire.
Dans cette série, les millésimes 1968 et 1975 correspondent aux recensements de 1967 et 1974. Saint-Paul passe les 100 000 habitants en 2007 et compte 108 088 habitants en 2023.
| Année | Habitants |
|---|---|
| 1646 | 12 exilés, ils ne restent pas |
| 1663 | 12 personnes, le peuplement qui dure |
| 1665 | 20 colons débarquent avec Regnault |
| 1961 | 35 528 |
| 1968 | 43 129 |
| 1975 | 52 554 |
| 1982 | 58 412 |
| 1990 | 71 669 |
| 1999 | 87 712 |
| 2006 | 99 291 |
| 2007 | 101 023 |
| 2008 | 103 008 |
| 2009 | 103 498 |
| 2010 | 103 346 |
| 2011 | 103 916 |
| 2012 | 104 646 |
| 2013 | 104 332 |
| 2014 | 104 634 |
| 2015 | 105 967 |
| 2016 | 105 482 |
| 2017 | 104 519 |
| 2018 | 103 492 |
| 2019 | 103 208 |
| 2020 | 104 301 |
| 2021 | 105 240 |
| 2022 | 106 220 |
| 2023 | 108 088 |
Nout lang
Créole, noms, toponymes
Saint-Paul est commune bilingue créole réunionnais et français depuis 2010. Le territoire des premiers peuplements compte dans la formation progressive du créole. Chaque quartier a gardé ses façons de dire les chemins, l’eau, la canne et la mer. Pour le Maïdo, le nom viendrait du malgache et signifierait « terre brûlée ». Pour Mafate, plusieurs lectures circulent : « qui pue », « qui tue », « chaudron », un chef nommé Maffa. Aucune n’est sûre.
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Aller plus loin
Les lieux
L’étang, le Maïdo, Bernica, la ravine et les sommets ont déjà leur page.
La mémoire
La stèle, la poudrière, Maison Rouge et la paléoforêt prolongent le récit.
Les communes
Saint-Paul ouvre les vingt-quatre. Cilaos et Saint-Denis sont les pages voisines.
