Nout FamilleNoms de la libertéIndex

Corpus · 1848

Noms de la liberté

Trente-sept registres communaux ont servi à donner un nom complet aux personnes affranchies en vertu du décret du 27 avril 1848. C’est le premier recensement exhaustif de l’ancienne population esclave, aussi en vue des élections de septembre 1849.

Gravure signée Jules David et Budzilowicz, publiée en 1850. Représentation, pas photographie, pas liste de familles. Domaine public.

Fait documenté

Des registres uniques, déposés en 1998

Contrairement à l’état civil, ces registres n’ont été tenus qu’en un exemplaire par commune. Ils sont déposés aux Archives départementales de La Réunion depuis 1998. Quatre registres d’affranchissement, tenus entre 1832 et 1848 à Saint-Denis et Saint-Benoît, les précèdent.

L’exposition « Les noms de la liberté, 1664–1848 : de l’esclave au citoyen » (Archives départementales, 14 décembre 2013 – 13 juillet 2015) a présenté l’ensemble restauré. Le 18 mai 2023, les registres identifiant les personnes en esclavage dans les anciennes colonies françaises (1666–1880) ont été inscrits au registre international Mémoire du Monde de l’Unesco. Les fonds réunionnais en font partie.

Autour de 60 000 à 65 000 personnes sont concernées à La Réunion. Les chiffres varient selon que l’on compte les seuls affranchis du décret ou d’autres légitimations. Nout Famille conserve cette nuance.

37 registres spéciaux, 1848 4 registres d’affranchissement, 1832–1848 Unesco, 18 mai 2023

Comment un nom est donné

Choix, imposition, anagramme, sobriquet

Les travaux présentés par les Archives et les collectifs de mémoire indiquent que le patronyme est attribué, le plus souvent, par le propriétaire ou par un délégué de l’administration. On trouve des anagrammes, des sobriquets, des noms de plantes, de lieux, de vertus, parfois des dénominations insultantes. Certaines personnes reçoivent deux, trois, exceptionnellement quatre noms différents selon les papiers.

Avant 1848, dans les habitations, le prénom d’usage colonial suffit souvent au registre. Des carnets comme ceux de Froberville (1845) rendent pourtant des noms d’origine : Virginie, Onsinānga, Malāssi, Mtchirima devenu Thomas, Mkūto devenu Germain. Ces cinq personnes sont déjà nommées dans Nout Zistoir. Elles rappellent qu’un nom africain a pu survivre à côté d’un nom imposé.

Cette page n’ouvre aucune liste nominative d’affranchis. Les registres existent, ils sont consultables dans le cadre légal des archives. Nout Famille refuse d’en extraire des familles vivantes pour le spectacle. Le mécanisme compte plus, ici, que le voyeurisme généalogique.