Nout DloL’eau qui descend des Hauts et qui fait les lieux. Nout Dlo

Nout Dlo · Sainte-Anne · Saint-Benoît

Bassin Bleu

À Sainte-Anne, l’eau douce arrive au bord de la mer et s’arrête dans un bassin que tout l’Est connaît. Le nom est beau. Il n’est pas unique. Ici, c’est celui de Saint-Benoît, pas un autre.

L’embouchure, pas la montagne

Le Bassin Bleu de Sainte-Anne est un bassin d’eau douce à l’embouchure d’une rivière, dans le bourg, à quelques pas de l’océan. On s’y baigne. On y pique-nique. Le site a été aménagé pour ça. Ce n’est pas un bassin perdu au fond d’une vallée. C’est un lieu du littoral, collé à la route nationale qui longe l’Est, dans un quartier qui vit avec lui tous les week-ends.

Le même nom circule ailleurs dans l’île, parce qu’il dit une couleur plus qu’une adresse. La vallée de Langevin a ses propres bassins. Quand on dit « Bassin Bleu » sans la commune, on ne sait pas encore de quelle eau on parle. Sainte-Anne, elle, est sur la côte au vent, commune de Saint-Benoît, entre le bourg et la mer.

Le radier qui dit la pluie

En saison des pluies, le radier peut passer sous l’eau et le niveau du bassin monter d’un coup. La baignade est alors déconseillée. Ce n’est pas une formule. Le 8 novembre 2023, après des pluies fortes sur l’Est, le bassin a débordé, le radier a été immergé, et la commune a fermé le passage jusqu’à nouvel ordre. Le ciel de Sainte-Anne, ce jour-là, était le même que celui des autres radiers de la côte : l’eau des Hauts arrive plus vite que la route.

Un bassin calme à midi peut être un autre bassin à quatre heures. L’observation du jour compte plus que le souvenir d’une photo. Nout Sécurité le dit pour toute l’île. Ici, le seuil est visible : si le radier ne se voit plus, on ne traverse pas pour aller se baigner.

Réparer les abords, pas le trou d’eau

En août 2025, le maire de Saint-Benoît, également président de la CIREST, a présenté un chantier de réhabilitation. Tribunes, kiosques, aires de jeux, éclairage, belvédères, places de stationnement en plus. Le bassin lui-même n’est pas l’objet des travaux. La loi Littoral limite la construction à la remise en état de ce qui existe déjà. Le coût annoncé dépasse le million d’euros. La durée, selon les présentations, va de six à huit mois : les deux textes ne disent pas le même chiffre, et la page ne choisit pas.

Le stationnement est le nerf du lieu. Les week-ends peuvent rassembler plusieurs milliers de personnes. Un parking supplémentaire d’une trentaine de places a été prévu sur un terrain acquis pour cela, afin de réduire les voitures posées n’importe où. Des tensions de voisinage — bruit, stationnement — avaient déjà été signalées. Le chantier est aussi une manière de faire tenir ensemble un bourg et un bassin qui n’est plus seulement celui des gens d’à côté.

Sainte-Anne garde l’eau. Les gradins, les kiosques et les parkings sont la couche récente. Quand la ravine gonfle, cette couche ne change pas la règle : on laisse passer l’eau, on ne la brave pas.

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