Le chiffre utilisé par la DEAL et par le plan départemental de protection du milieu aquatique. Ce n’est pas le nombre de tous les bras nommés.
Nout Rivièr
L’eau descend des Hauts.
Elle ne demande pas la permission.
Treize rivières tiennent toute l’année. Des milliers de ravines ne s’ouvrent qu’avec la pluie. Entre les deux, des bras, des radiers, des jardins, des embouchures, et une île qui a appris à vivre avec une eau trop vite partie vers la mer.
Pourquoi cette porte existe
Une rivière n’est pas un décor de carte postale
À La Réunion, on montre souvent l’eau comme un bassin où l’on se baigne, ou comme une route coupée après l’orage. Nout Rivièr prend un autre chemin. Il raconte comment le relief volcanique, les pluies et les pentes ont taillé le pays, et comment les habitants ont dû composer avec cette eau : pour boire, pour cultiver, pour passer, pour pêcher, et parfois pour s’écarter.
Cette page est une porte. Elle ne remplace pas les fiches déjà écrites, ni Nout Dlo, qui garde les bassins, les cascades et les petits noms. Elle ne prévoit pas la météo. Elle ne dit pas si un radier est ouvert ce matin.
Le feu a construit l’île. L’eau n’a pas cessé de la reprendre. Nout Zil commence avant les hommes. Nout Volkan raconte le feu. Nout Piton lit les massifs, les cirques et les remparts. Ici, le sujet est ce qui coule entre ces parois.
Comprendre nos rivières et nos ravines
Beaucoup de ravines. Peu de rivières qui tiennent l’année
Le réseau est dense, et il n’est pas tout le temps en eau. L’état des lieux du district hydrographique, publié pour le comité de l’eau, le dit simplement : d’innombrables ravines restent sèches hors des pluies, treize rivières sont pérennes, et le littoral compte aussi des étangs. La fiche « eaux continentales » de la DEAL reprend le même partage du domaine : environ 1 700 kilomètres de cours d’eau du domaine public fluvial, dont ces treize rivières déclinées en vingt-quatre masses d’eau, et environ 3 600 kilomètres de ravines temporaires du domaine privé de l’État.
Pérenne, ici, veut dire que l’eau coule encore quand la saison sèche s’installe. Temporaire ne veut pas dire inoffensif. Une ravine sèche le matin peut charrier des blocs l’après-midi, si l’orage est tombé plus haut.
La Rivière des Galets, qui draine Mafate, et la Ravine Saint-Gilles, alimentée par des apports souterrains. L’Ouest sec n’a pas le réseau de l’Est.
Les pentes sont fortes. L’état des lieux de 2013 parle de crues éphémères, mais foudroyantes. L’eau qui tombe est vite rendue à l’océan.
La pluie non plus n’est pas la même partout. La DEAL rappelle que la ressource est plus abondante à l’est, là où la pluviométrie est forte, alors que la population se concentre surtout dans l’ouest, le nord et le sud. L’été austral, de décembre à avril, rassemble les pluies. Les hautes eaux se placent de janvier à mars. Les basses eaux arrivent vers la fin de la saison fraîche, de septembre à décembre. Ce calendrier vient de l’état des lieux de 2013. Une année particulière peut s’en écarter. Nout Rivièr ne transforme pas une moyenne en promesse.
Côte au vent et nord
Rivière des Roches, Rivière des Marsouins, Rivière de l’Est, Rivière Saint-Denis, Rivière des Pluies, Rivière Sainte-Suzanne, Rivière Saint-Jean. Leurs bassins, dans le document de 2013, sont souvent plus courts que ceux de l’ouest intérieur : de l’ordre de 30 à 70 kilomètres carrés, sauf la Rivière des Marsouins, dont le bassin atteint 109 kilomètres carrés.
Cirques et sud-ouest
La Rivière des Galets sort de Mafate. Son bassin est donné pour 112 kilomètres carrés. La page liée tient le bois mort, pas tout le bassin. La Rivière du Mât recueille Salazie. La Rivière Saint-Étienne draine le cirque de Cilaos et Grand Bassin, sur 213 kilomètres carrés. La Ravine Saint-Gilles est le second cours pérenne de la côte sous le vent. Nout Dlo tient la résurgence. Le Bassin Cormoran est un bassin de cette ravine, pas toute la ravine. Rivière Langevin et Rivière des Remparts complètent la liste des treize.
Huit pages de cours existent déjà : Roches, Est, Pluies, Sainte-Suzanne, Galets, Mât, Langevin, et le Bras de Cilaos devenu Saint-Étienne. La Rivière des Marsouins n’a pas de fiche de rivière. Bethléem est l’îlet au bord de ce cours. La Rivière des Remparts est nommée au débouché du bourg de Saint-Joseph, et comme limite du Tampon. La Rivière Saint-Denis n’a pas de fiche de cours. En 1908, une adduction amène son eau à l’hôpital Félix-Guyon par un tunnel de 2 500 mètres. Le détail est sur la page des hôpitaux. La Rivière Saint-Jean n’a pas de fiche. On n’en ouvre pas une ici.
L’eau qui descend des Hauts
Le volcan a empilé. La pluie a creusé
Autour du Piton des Neiges, le Parc national décrit trois amphithéâtres : Mafate, Cilaos, Salazie. La notice géologique du BRGM sur les cirques ajoute le fait qui relie le relief à l’eau. Chaque dépression est ceinte de remparts pouvant atteindre 1 500 mètres de dénivelé. Chacune s’ouvre par un exutoire étroit, et c’est là que passe une grande rivière : la Rivière des Galets pour Mafate, le Bras de Cilaos pour Cilaos, la Rivière du Mât pour Salazie. Les fonds portent d’épais remplissages de brèches, nés d’effondrements, de glissements et d’épandages. L’eau n’a pas seulement poli un décor. Elle a trié, transporté et redéposé ce que la pente lui donnait.
L’Atlas des paysages de La Réunion suit le Bras de Cilaos jusqu’au littoral : il mêle ses eaux à celles du Bras de la Plaine et forme alors la Rivière Saint-Étienne, qui atteint la mer à Saint-Louis. Le même mouvement se lit dans l’état des lieux de 2013, qui fait de cette rivière le drain du cirque de Cilaos et de Grand Bassin. Le bras n’est donc pas un synonyme décoratif. Dans l’usage des documents publics, c’est souvent le nom d’un cours majeur à l’intérieur d’un bassin, avant qu’un autre nom prenne le relais plus bas.
Les cyclones et les fortes pluies ne sont pas une parenthèse. Ce sont les moments où le transport de matériaux devient visible : galets, boues, arbres, routes coupées. Nout Rivièr ne dresse pas ici le martyrologe des tempêtes. Les bilans humains et les dates précises demandent une fiche à part, recoupée, et non une liste recopiée. Ce qui est tenu, c’est le mécanisme : une averse en amont peut arriver dans le lit bien avant que le ciel soit noir à l’embouchure.
Le feu et l’eau se répondent encore dans certaines vallées. La fiche de la Rivière Langevin le montre déjà : un rempart, des coulées, puis le creusement. Nout Volkan et Nout Rivièr ne racontent pas deux îles.
Rivières, ravines et bras
Trois mots, trois situations. Pas trois définitions de dictionnaire inventées
Les documents de l’eau ne donnent pas une étymologie créole de ces mots, et cette page n’en fabrique pas. Ils s’en servent pour distinguer des fonctionnements.
La rivière pérenne est celle qui figure dans le compte des treize : un cours qui reste en eau, même si son débit change beaucoup entre janvier et novembre. La ravine, dans le décompte du domaine privé de l’État, désigne surtout le réseau temporaire : sec une grande partie de l’année, capable de tout emporter quand la pente reçoit l’orage. Le bras apparaît dans les noms eux-mêmes — Bras de Cilaos, Bras de la Plaine — et dans le découpage des masses d’eau, quand il faut séparer un affluent majeur du cours qui porte le nom de la rivière plus en aval.
Un même paysage peut donc changer de mot sans changer de nature physique. Le Bras de Cilaos est l’exutoire du cirque dans la notice du BRGM. Plus bas, l’Atlas des paysages le voit devenir, avec le Bras de la Plaine, la Rivière Saint-Étienne. Retenir le nom local, c’est déjà éviter de tout appeler « rivière » pour faire simple.
Les bassins, les cascades et les résurgences ont leurs propres fiches dans Nout Dlo. Un bassin n’est pas une eau dormante sans risque. Les pages de Bassin La Mer et de Bassin La Paix, sur la Rivière des Roches, le disent déjà.
L’eau et les hommes
Boire, arroser, passer : trois usages qui ne pèsent pas le même poids
L’Office de l’eau, dans les Chroniques de l’eau de juillet 2023, donne les prélèvements de 2021 sur le bassin réunionnais : près de 220 millions de mètres cubes sortis du milieu, tous usages confondus. L’eau potable en est le premier, avec 152 millions de mètres cubes. L’irrigation vient ensuite, avec 55 millions de mètres cubes, pris principalement dans les cours d’eau. L’industrie représente environ 11 millions. Un transfert d’eau d’est en ouest sert aussi, à la marge, à réalimenter la nappe de la Rivière des Galets : de l’ordre d’un million de mètres cubes cette année-là.
Ces chiffres sont ceux d’une année légèrement déficitaire en pluie, précisée par l’Office. L’irrigation, selon le même texte, a déjà varié fortement d’une année à l’autre, entre 70 millions de mètres cubes en 2012 et 48 millions en 2015. Nout Rivièr retient l’ordre de grandeur et la hiérarchie. Il ne fige pas 2021 comme une loi.
Le Département décrit les périmètres irrigués du Sud comme les premiers grands aménagements hydro-agricoles de la collectivité. Celui du Bras de la Plaine, réalisé dans les années 1960-1970, couvre environ 5 500 hectares sur Saint-Pierre, Petite-Île, Saint-Joseph, l’Entre-Deux et Le Tampon, et dessert plus de 4 700 hectares agricoles, en plus d’une eau brute pour les communes. Avec le périmètre du Bras de Cilaos, l’ensemble cité pour le Sud atteint environ 9 000 hectares. Le lien avec Nout Agrikiltir est donc direct : une partie des champs du Sud boit une eau captée dans ces bras. Le détail des cultures, lui, reste dans cette autre porte.
Passer est l’autre histoire, plus ancienne que les périmètres modernes. Entre Saint-Benoît et Sainte-Rose, la Rivière de l’Est décidait qui continuait vers le Sud-Est. La préfecture la dit difficilement franchissable avant le pont. À partir de 1840, plusieurs ouvrages sont emportés. Ferdinand Arnodin propose un pont suspendu, appuyé sur des piles déjà là. Il est inauguré en décembre 1893 et ouvert à la circulation en 1894. En 1979, les voitures passent sur un pont de béton construit à côté. L’ancien tablier ne les porte plus.
Les mètres publiés ne s’accordent pas : 147,9 mètres dans le texte de la préfecture, 152 dans une notice du monument, 149,5 dans un article de 2023. La hauteur non plus : 42 mètres au-dessus de l’eau d’un côté, 60 de l’autre. On a dit que ce pont était, à sa livraison, le plus long du monde. Cette phrase circule. Elle ne choisit pas un chiffre à la place des autres. Le détail des câbles et des réouvertures de 2023 reste sur la fiche.
Les origines de noms — pourquoi « Mât », pourquoi « Marsouins », pourquoi « Pluies » — ne sont pas tranchées dans les sources retenues pour cette porte. Là où une commune ou une fiche exprime un doute, le doute reste. Inventer une légende pour habiller un toponyme serait le contraire du travail.
Lontan
Ce qui est tenu, et ce qui ne le sera pas par un conte
La pêche des bichiques est l’usage ancien le mieux établi dans les sources publiques consultées. La DEAL la décrit comme une activité pratiquée de longue date, en mer et dans les embouchures. On y capture les alevins de deux cabots bouche ronde, souvent au moyen d’aménagements dans la rivière, des canaux, et d’engins appelés vouves. Ce n’est pas un folklore ajouté pour faire couleur locale. C’est une pratique que l’État encadre aujourd’hui parce que la ressource a diminué.
Deux mémoires de lieu ont déjà leur page, et cette porte ne les résume pas à la place de ceux qui les ont écrites. Dans le lit de la Rivière des Galets, une paléoforêt a été remise au jour : des arbres ensevelis, révélés par une crue, bien antérieurs au peuplement humain. À Bethléem, un îlet de la Rivière des Marsouins concentre une autre mémoire, celle d’un habitat et d’une chapelle au bord de l’eau. Les dates et les nuances sont dans ces fiches.
Les gestes domestiques — laver le linge dans la ravine, chercher l’eau à la source, le récit d’un moulin précis — ne sont pas repris ici tant qu’un témoignage publié ou une archive ne les situe. L’eau, fil conducteur ouvre déjà cette question à l’échelle de l’histoire de l’île. Nout Rivièr refuse d’inventer une zistoir pour remplir le silence.
Nature et biodiversité
De la forêt à l’embouchure, le vivant a besoin du passage
Les rivières réunionnaises ne sont pas des aquariums fermés. Les deux cabots dont les alevins sont appelés bichiques vivent tour à tour en mer et en rivière. La DEAL distingue le « gros bichique », Sicyopterus lagocephalus, répandu dans l’Indo-Pacifique, et le « bichique fine », Cotylopus acutipinnis, qui n’existe qu’à Maurice et à La Réunion. Les adultes remontent les cours d’eau. Les jeunes reviennent de la mer par les embouchures. Couper ce trajet — par un obstacle, une prise d’eau, une embouchure bloquée — coupe le cycle.
Le dépliant de la DEAL le dit sans détour : ces poissons peuplaient abondamment les rivières, et ils subissent un déclin lié à des pressions humaines, parmi lesquelles la surpêche, le braconnage, les barrages et les pollutions. Le bichique fine y est présenté comme particulièrement menacé. D’autres poissons et crustacés patrimoniaux partagent cette vie entre eau salée et eau douce. Cette porte ne les aligne pas dans un catalogue. Nout Zanimos est le lieu de la faune. Nout Manzé rappelle que le bichique est aussi un produit de la table, inséparable des embouchures et de la règle de pêche.
L’Office de l’eau suit les peuplements de poissons et de macrocrustacés, indigènes et introduits. La présence d’espèces introduites est donc documentée comme une pression à mesurer. Nout Rivièr ne nomme pas ici une espèce exotique dont la page n’a pas vérifié le statut local. Mieux vaut un silence juste qu’une liste approximative.
La végétation des berges et la forêt humide font partie du même circuit : elles ralentissent une part de la pluie, tiennent des sols, et accompagnent les têtes de bassin. Le Parc national et Nout Natir décrivent ces milieux. Les classer au patrimoine mondial, avec les pitons, les cirques et les remparts, ne les met pas à l’abri d’une crue ni d’un captage. Cela dit seulement que le paysage et le vivant y sont reconnus ensemble.
En bas, l’embouchure n’est pas une fin propre. C’est le point où la rivière rencontre la houle, où les alevins cherchent l’entrée, où les sédiments se déposent ou repartent. Protéger une cascade sans regarder l’embouchure, c’est protéger un morceau du trajet.
Mémoire des crues
La montée est rapide. Cette page n’est pas une alerte
La vigilance crues de La Réunion est produite par la cellule de veille hydrologique de la DEAL, et publiée sur Vigicrues Réunion. Elle couvre dix-sept bassins versants à enjeux. Elle qualifie un risque par quatre couleurs, du vert au rouge, dans le même esprit que la vigilance météorologique. Le jaune signale déjà un risque de montée rapide, y compris pour des activités proches de l’eau. L’orange et le rouge décrivent des crues importantes, puis exceptionnelles. Les consignes publiques sont nettes : ne pas franchir, à pied ou en voiture, une ravine, une rivière en crue ou susceptible de le devenir, ni un radier submergé.
Mwin Lé Réunion ne prévoit pas les crues et n’appelle pas les secours. Le bulletin du jour se lit sur Vigicrues Réunion et sur la vigilance de Météo-France. Une pluie en amont peut gonfler le lit avant que le ciel change à l’endroit où l’on se trouve.
Il faut aussi entendre la limite du dispositif. Vigicrues précise que les crues soudaines très localisées, de type torrentiel, et le ruissellement urbain ne sont pas dans le périmètre de cette surveillance de l’État. Une carte verte sur un grand bassin ne rend pas une petite ravine inoffensive pendant un orage. Le radier est un passage bas, fait pour être recouvert. Le voir à sec n’est pas une autorisation permanente.
La baignade suit la même prudence. Un bassin calme appartient à un torrent. Les interdictions municipales et les alertes du jour priment sur n’importe quel texte d’encyclopédie. Nout Lieux peut aider à situer un sentier ou un point de vue. Il ne remplace pas la signalisation sur place.
Découvrir les rivières déjà documentées
Des fiches ouvertes, pas un inventaire imaginaire
Chaque lien mène à une page qui existe déjà. Le récit particulier — géologie, pont, paléoforêt, bichiques d’une embouchure — s’y trouve. Nout Rivièr ne le recommence pas.
Rivière des Galets
La sortie de Mafate, et la paléoforêt remise au jour dans le lit.
Ouvrir la ficheRivière du Mât
L’exutoire de Salazie, entre crues, industries et communes de l’Est.
Ouvrir la ficheBras de la Plaine
Grand Bassin quitte l’Entre-Deux pour le Tampon en 1977. On n’y va qu’à pied.
Ouvrir la ficheRivière Langevin
Le cours : rempart, coulées, résurgence. Distinct de la page des bassins.
Ouvrir la ficheVallée de Langevin
Les listes de bassins. Ce n’est pas la fiche du cours.
Ouvrir la ficheRivière de l’Est
Une vallée qui a longtemps décidé du passage vers le Sud-Est.
Ouvrir la ficheRivière des Roches
Basalte, bassins, et l’embouchure dans la mémoire des bichiques.
Ouvrir la ficheRivière des Pluies
Une vallée de remparts devenue aussi un territoire habité.
Ouvrir la ficheRivière Sainte-Suzanne
Une rivière, deux communes, une chute.
Ouvrir la ficheBras de Cilaos
Le drain de Cilaos jusqu’à la Rivière Saint-Étienne.
Ouvrir la ficheBethléem
Un îlet de la Rivière des Marsouins, entre l’eau et la mémoire habitée.
Ouvrir la ficheNout Dlo
Bassins, ravines, cascades et résurgences rattachés à leur bassin versant.
Entrer dans Nout DloPréserver et transmettre
Garder le passage, pas seulement la belle image
Transmettre une rivière, ce n’est pas ajouter une photographie de bassin à une brochure. C’est garder trois choses ensemble : le fonctionnement — d’où vient l’eau, où elle accélère, ce qu’elle transporte ; l’usage — qui en vit, qui la franchit, qui y pêche ; et la limite — ce que l’on ne sait pas encore, et ce qu’il ne faut pas faire quand le niveau monte.
La continuité, pour les cabots, va de la mer jusqu’aux Hauts. La continuité, pour les habitants, va du captage jusqu’au radier. Couper l’une ou négliger l’autre, c’est raconter une eau incomplète. Les générations suivantes héritent des deux : une ressource déjà très prélevée, et un relief qui n’a pas fini de bouger sous la pluie.
Les témoignages de familles — un lavoir, un passage de troupeau, le nom d’un îlet — ont leur place le jour où ils sont situés et distingués du fait d’archive. Nout Zistoir et Nout Kiltir restent les portes de la société et des gestes transmis. Nout Rivièr ne parle pas à leur place.
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