Nout Dlo · Sainte-Suzanne
Cascade Niagara
La rivière Sainte-Suzanne tombe au milieu des champs de canne, dans l’aval, à Sainte-Suzanne. En amont, sur le même cours, se trouve le bassin Bœuf.
Vingt-cinq mètres, ou cinquante-cinq
Les descriptions touristiques donnent une chute d’environ vingt-cinq mètres. Une notice encyclopédique en donne cinquante-cinq. Les deux chiffres circulent. Ces valeurs ne reposent pas sur une mesure commune clairement identifiée. Une station mesure la rivière juste au-dessus de la chute. La page de l’eau la place à 56 mètres d’altitude. C’est l’altitude du point de mesure. Ce n’est pas la hauteur de la chute, ni une longueur de sentier.
On n’a pas retrouvé qui a baptisé le site, ni en quelle année. Après la pluie, la notice de lieu dit que le débit peut monter vite. La presse locale a pu montrer la cascade à sec le 11 janvier 2011.
Un bassin qui change avec la rivière
Quand la rivière grossit, la chute change de visage.
La même rivière est racontée plus longuement dans Sainte-Suzanne et son eau, et l’ensemble des cours d’eau dans Nout Dlo.
Une chute au milieu des cannes
À Sainte-Suzanne, la rivière du même nom tombe avant d’atteindre la mer. Autour, des champs de canne. Ce n’est pas un cirque. Ce n’est pas Grand Bassin. C’est l’aval : l’eau a déjà quitté les Hauts, et elle se jette encore une fois, assez fort pour qu’on lui ait donné un nom d’Amérique.
Le nom Niagara s’est installé dans l’usage local. Les hauteurs, elles, se contredisent. Vingt-cinq mètres dans un récit, cinquante-cinq dans un autre. Une station mesure la rivière au-dessus de la chute, à 56 mètres d’altitude. C’est l’altitude du point. Ce n’est pas la hauteur de l’eau qui tombe. Confondre les deux, c’est déjà une erreur de carte.


Le 11 janvier 2011, et les autres jours
La presse locale a pu montrer la cascade à sec le 11 janvier 2011. Ce n’est pas une anecdote pour étonner. C’est la preuve que l’eau de cette île n’est pas une carte postale fixe. L’eau, fil de l’île le dit autrement. En amont, le bassin Bœuf appartient à la même rivière. Ce n’est pas le bassin Bœuf de Langevin. Deux noms, deux communes, une habitude réunionnaise de répéter les mots de l’eau.


Les planteurs ont longtemps vécu avec cette rivière comme avec une voisine : utile, parfois trop grosse, parfois trop mince. La canne boit. La chute montre. Après la pluie, le débit change de visage. Après une période sèche, le rocher apparaît. La découverte du paysage suppose de respecter les lieux et les conditions de la rivière.
Sainte-Suzanne et son eau tient le reste du cours. Nout Dlo tient l’île. Langevin, au sud, est une autre rivière, d’autres bassins, une autre commune. Niagara est une étape du cours de la rivière Sainte-Suzanne.
Sainte-Suzanne n’est pas seulement cette chute. La commune a son eau, ses bassins, son histoire de canne. Niagara en est un moment, visible, photographié, discuté. On y vient parce que l’eau tombe au milieu des champs, et que cela étonne encore. On n’y vient pas pour un chiffre.
Le 11 janvier 2011 reste une date utile : elle rappelle que l’est de l’île, pourtant plus arrosé, peut aussi montrer un rocher nu. L’eau n’est pas un décor. Elle manque, elle revient, elle grossit. Niagara le montre sans discours. La rivière suffit.
