Nout Communes • N° 03 dans l’ordre historique

Sainte-Suzanne

Dès 1667, riz, blé et tabac. Puis la canne, et le geste d’Edmond Albius en 1841.

Naissance de la commune

Sainte-Suzanne, avant et après sa naissance administrative

Troisième des anciennes communes/paroisses dans l’ordre historique de l’Insee.

Histoire lontan

Ce que le territoire raconte

Les terres humides et fertiles du Nord-Est attirent très tôt l’agriculture. Un rapport communal rappelle qu’Étienne Regnault y installe des habitants dès 1667 pour cultiver riz, blé et tabac, et que les concessions se développent à partir de la fin du XVIIe siècle. Sainte-Suzanne devient rapidement l’un des greniers de l’île.

Au XIXe siècle, la canne et les grands domaines transforment le paysage. Quartier-Français devient un pôle sucrier majeur. L’usine y ferme en 1982. Le Bureau de recherches géologiques et minières y reconnaît une sucrerie et une distillerie au moins depuis 1880, arrêtées cette année-là. L’année de la première usine n’est pas unique. Un récit de presse parle d’une sucrerie Brun dès 1816, puis d’une usine centrale à partir de 1852. Un autre place en 1875, sur la rive gauche de la rivière Saint-Jean, l’usine centrale de Denis-André de Kervéguen. Les deux lectures restent côte à côte. Le site de la ville attribue l’explication du nom à Auguste Billiard, en poste dans l’île de 1817 à 1820. Sa phrase n’est pas recopiée ici.

La vanille, elle, tient à un enfant. Edmond Albius naît esclave à Sainte-Suzanne en 1829. Il apprend l’horticulture chez Ferréol Bellier-Beaumont. En 1841, à douze ans, il met au point un geste simple pour féconder la fleur à la main. Ce n’est pas la première pollinisation artificielle connue : Charles Morren en avait réalisé une en Europe en 1836, par un autre procédé. Le geste d’Edmond est celui qui se répète dans les champs. Il est affranchi avec l’abolition de 1848. L’acte de décès n° 144, aux Archives départementales de La Réunion, le date du 9 août 1880, à l’hôpital communal du Village Desprez. Le Moniteur de La Réunion du 26 août 1880 en rend compte. Une stèle a été élevée à Bellevue : le site de la ville parle de 1980, un autre récit de 1981. L’année de la stèle n’est pas tranchée ici. La gousse enrichit des propriétaires. Sa propre reconnaissance reste très insuffisante. Le récit est dans Nout Vanille.

L’Insee place Sainte-Suzanne troisième, après Saint-Paul et Saint-Denis, et imprime 1704. L’installation agricole de 1667 est déjà dans cette fiche. En 1714, une notice du Nord ne compte encore que trois paroisses : Saint-Paul, Saint-Denis et Sainte-Suzanne. Le site de la ville raconte autre chose, sans que cette fiche en fasse la seule date. Douze mutins auraient été installés en 1646 sur les berges de la rivière Saint-Jean, jusqu’en 1649, et auraient nommé l’endroit l’Assomption. Le même site place le baptême du quartier et la paroisse en 1668, puis la commune en 1790, avec Auguste Joseph Léon pour premier maire, élu le 1er août 1790. Il ajoute que Decaen abolit les municipalités le 2 octobre 1803 et que la Restauration les rétablit le 16 juin 1815. La commune reste datée de la période révolutionnaire. On ne choisit pas un seul jour entre ces lectures. Aucun îlet de cirque n’est rattaché à cette commune dans Nout Îlets.

Quartier-Français reste le pôle sucrier dont l’usine ferme en 1982. Le phare de Bel-Air a ses dates plus bas. L’ancienne gare et le tunnel restent sans année d’ouverture. Bagatelle, Deux-Rives, Commune Ango, La Renaissance et Bras-Pistolet restent nommés. Niagara, le bassin Bœuf et le Piton Dugain ont déjà leurs notices. Aucune distance n’est écrite.

Population — évolution

De 11 151 à 25 551 habitants

AnnéePopulation municipale
196811 151
197511 984
198213 196
199014 695
199918 144
200721 856
201222 388
201723 505
202325 551

Quartiers, îlets & écarts

Un territoire à parcourir par ses lieux

Paysage

Dès 1667, riz, blé et tabac. Au XIXe siècle, la canne.

Quartiers, îlets & écarts

Centre de Sainte-Suzanne, Bel-Air, Quartier-Français, Bagatelle, Deux-Rives, Commune Ango, La Renaissance, Bras-Pistolet, Bellevue, Commune Carron, Village Desprez, Jacques Bel Air et les Hauts.

Sainte-Suzanne : quartiers, villages et secteurs de mémoire

Chaque entrée ouvre une notice Mwin Lé Réunion rédigée pour situer le quartier dans son territoire, décrire ses paysages et son évolution. Lorsqu’un nom correspond à un secteur informel plutôt qu’à un découpage administratif, nous le disons comme un secteur informel.

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Centre-ville

Le site de la ville place les églises Sainte-Vivienne et du centre depuis plus d’un siècle, sans en fixer l’année. Derrière l’église, le Village Desprez va vers la Marine. Le cimetière conserve le caveau dit des Anglais. On n’en dresse pas ici la liste des personnes, ni celle des équipements.

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Bel-Air

La notice Mérimée PA97400019 date la campagne du phare de 1845. Plusieurs notices du phare placent l’allumage au 20 octobre 1846. Le site de la ville dit aussi « construit en 1844 ». On garde les deux départs de chantier. La tour est donnée pour 20,25 m. Elle signale les récifs de la Marianne et du Cousin. Le phare est inscrit monument historique le 16 juin 1997 et classé en 2012. Jean Baillif est le dernier gardien nommé par ces notices : le départ est placé en 1984, l’automatisation en 1985. On ne fond pas ces deux dates. L’ancienne gare et le tunnel, aujourd’hui passage, restent sans année d’ouverture.

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Quartier-Français

Au XIXe siècle, Quartier-Français devient un pôle sucrier. L’usine y ferme en 1982. Une lecture de presse parle d’une sucrerie Brun en 1816 et d’une usine centrale dès 1852. Une autre place l’usine centrale de Kervéguen en 1875, rive gauche de la rivière Saint-Jean. Les deux restent écrites. Un récit de presse date de 2002 l’inscription de la cheminée. Cette inscription n’a pas été rouverte à la notice Mérimée pour ce lot. Le site de la ville nomme aussi Bègue les Hauts et Bègue les Bas dans l’ombre de l’usine, et un « Monsieur Bègue », sans établir l’origine du nom.

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Bagatelle

Le site de la ville fait venir le nom d’une propriété sucrière. La vie du village s’est faite autour de l’église et des anciennes papillotes. On ne retient pas un nombre d’habitants : le site de la ville et un article de presse ne donnent pas le même. Cet article, daté du 18 juillet 2023, place la fermeture de l’usine Solpak au 25 décembre 1990.

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Deux-Rives

Le site de la ville ne donne pas, sous ce nom, un récit séparé. Il décrit un hameau placé entre la grande et la petite rivière Saint-Jean, associé à l’écart de l’Espérance. On ne décide pas que ce hameau est l’actuel Deux-Rives. Un récit de presse sur l’usine centrale dit que de petites fabriques « des deux rives » se sont arrêtées quand la canne a été regroupée. L’année de cette usine reste en deux lectures, 1852 ou 1875.

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Commune Ango

Le site de la ville le présente comme un lieu-dit où l’on cultive la canne, la vanille et la banane, de la même manière qu’à Commune Carron. L’origine du nom n’est pas écrite ici.

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La Renaissance

Le site de la ville le place à côté de Bellevue, là où Edmond Albius a fait son geste chez Ferréol Bellier-Beaumont. Une route communale, la CR 25, relie La Renaissance et Niagara à Bagatelle. Niagara a déjà sa notice. On n’écrit pas ici une date de fondation.

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Bras-Pistolet

Le site de la ville en fait un village des Hauts, sur d’anciennes terres Kervéguen, nommé d’après un affluent de la petite rivière Saint-Jean. Il date d’environ 1904 la vente de ces terres à Philidor Payet, qui y fait venir des familles. C’est le récit municipal. L’acte de vente n’est pas recopié ici.

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Bellevue

C’est le lieu que le site de la ville donne pour la découverte de 1841, chez Ferréol Bellier-Beaumont. La stèle d’Edmond Albius y a été élevée. Son année, 1980 ou 1981, n’est pas tranchée.

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Commune Carron

Le site de la ville le compte parmi les villages anciens, pour la vanille et pour un temple hindou près de la propriété Réunion, vieux de plus d’un siècle, sans année. Un second temple, celui de Victor Bellier, y est aussi nommé. Le geste d’Edmond reste situé à Bellevue, pas dans ce village.

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Village Desprez

Derrière l’église, vers la Marine. Le nom est celui d’Augustin-Eugène Desprez, ancien maire et propriétaire. C’est là, à l’hôpital communal, qu’Edmond Albius meurt le 9 août 1880.

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Jacques Bel Air

Le site de la ville le distingue du phare de Bel-Air. Il y place, en 1822, une introduction de vanille par l’intendant Marchant sur la propriété Belle-Eau. Nout Vanille date déjà de 1819 les premiers plants documentés dans l’île. On ne fait pas de 1822 la première date de l’île. Le même site y situe le Grand Hazier. Cette fiche ne le retire pas à Sainte-Marie.

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Les Hauts de Sainte-Suzanne

Les Hauts portent déjà Niagara, le bassin Bœuf et le Piton Dugain, chacun avec sa notice. Bras-Pistolet, Bellevue et La Renaissance ont la leur. Aucun îlet habité, ancien ou disparu, n’est ajouté : Nout Îlets n’en rattache pas à cette commune.

Nout terroir

Ce que la terre donnait

Dès 1667, Étienne Regnault y fait cultiver riz, blé et tabac. Au XIXe siècle, la canne et les grands domaines transforment le paysage. Quartier-Français devient un pôle sucrier : l’usine y ferme en 1982. La vanille tient au geste d’Edmond Albius, en 1841. La Fête de la vanille est déjà au calendrier de la commune, en août.

Nout patrimoine

Les lieux et les mémoires à préserver

La notice Mérimée date le phare de Bel-Air de 1845, et les notices du phare placent l’allumage au 20 octobre 1846. Le site de la ville dit aussi 1844. Il est inscrit le 16 juin 1997 et classé en 2012. L’ancienne gare et le tunnel restent sans année d’ouverture. Quartier-Français ferme son usine en 1982. Le site de la ville place le Grand Hazier à Jacques Bel Air. La fiche de Sainte-Marie le porte déjà. On ne le déplace pas. Le geste d’Edmond Albius, en 1841, est situé à Bellevue.

Nout moun

Edmond Albius naît esclave en 1829 et est affranchi en 1848. Il meurt le 9 août 1880 au Village Desprez. Ferréol Bellier-Beaumont est celui chez qui il apprend le jardin, à Bellevue. Auguste Joseph Léon est le premier maire selon le site de la ville, le 1er août 1790. Augustin-Eugène Desprez a laissé son nom au village derrière l’église. Philidor Payet est nommé pour Bras-Pistolet vers 1904.

La rivière, la chute et le bassin d’amont ont leurs pages : l’eau de la commune, Niagara, le bassin Bœuf. La notice de lieu de Niagara dit la chute au milieu des champs de canne. Le Piton Dugain a déjà sa notice : relief des Hauts. Cinq sentiers du massif sont aussi notés à Sainte-Marie et à Saint-André : le sentier Dugain, le Bord Salazie, Mère Canal, la Petite Vierge et le sentier du Milieu. Aucune distance ni durée n’est écrite.

Rakont anou

Ce que les quartiers savent encore

Edmond Albius naît esclave à Sainte-Suzanne en 1829. En 1841, à douze ans, il met au point le geste qui féconde la fleur de vanille à la main. Il meurt le 9 août 1880, à l’hôpital communal du Village Desprez. Une stèle a été élevée à Bellevue : 1980 ou 1981, l’année n’est pas tranchée ici.

L’Insee imprime 1704. Le site de la ville place le baptême du quartier et la paroisse en 1668, puis la commune en 1790, avec Auguste Joseph Léon élu le 1er août. On ne choisit pas un seul jour. La notice Mérimée date la campagne du phare de Bel-Air de 1845 ; plusieurs notices placent l’allumage au 20 octobre 1846. Le phare est inscrit le 16 juin 1997 et classé en 2012.

Si vous tenez un souvenir de Sainte-Suzanne — la vanille, Quartier-Français, le phare ou le geste d’Albius — il a sa place ici. On peut le raconter et le déposer.