Les terres humides et fertiles du Nord-Est attirent très tôt l’agriculture. Un rapport communal rappelle qu’Étienne Regnault y installe des habitants dès 1667 pour cultiver riz, blé et tabac, et que les concessions se développent à partir de la fin du XVIIe siècle. Sainte-Suzanne devient rapidement l’un des greniers de l’île.
Au XIXe siècle, la canne et les grands domaines transforment le paysage. Quartier-Français devient un pôle sucrier majeur. L’usine y ferme en 1982. Le Bureau de recherches géologiques et minières y reconnaît une sucrerie et une distillerie au moins depuis 1880, arrêtées cette année-là. L’année de la première usine n’est pas unique. Un récit de presse parle d’une sucrerie Brun dès 1816, puis d’une usine centrale à partir de 1852. Un autre place en 1875, sur la rive gauche de la rivière Saint-Jean, l’usine centrale de Denis-André de Kervéguen. Les deux lectures restent côte à côte. Le site de la ville attribue l’explication du nom à Auguste Billiard, en poste dans l’île de 1817 à 1820. Sa phrase n’est pas recopiée ici.
La vanille, elle, tient à un enfant. Edmond Albius naît esclave à Sainte-Suzanne en 1829. Il apprend l’horticulture chez Ferréol Bellier-Beaumont. En 1841, à douze ans, il met au point un geste simple pour féconder la fleur à la main. Ce n’est pas la première pollinisation artificielle connue : Charles Morren en avait réalisé une en Europe en 1836, par un autre procédé. Le geste d’Edmond est celui qui se répète dans les champs. Il est affranchi avec l’abolition de 1848. L’acte de décès n° 144, aux Archives départementales de La Réunion, le date du 9 août 1880, à l’hôpital communal du Village Desprez. Le Moniteur de La Réunion du 26 août 1880 en rend compte. Une stèle a été élevée à Bellevue : le site de la ville parle de 1980, un autre récit de 1981. L’année de la stèle n’est pas tranchée ici. La gousse enrichit des propriétaires. Sa propre reconnaissance reste très insuffisante. Le récit est dans Nout Vanille.
L’Insee place Sainte-Suzanne troisième, après Saint-Paul et Saint-Denis, et imprime 1704. L’installation agricole de 1667 est déjà dans cette fiche. En 1714, une notice du Nord ne compte encore que trois paroisses : Saint-Paul, Saint-Denis et Sainte-Suzanne. Le site de la ville raconte autre chose, sans que cette fiche en fasse la seule date. Douze mutins auraient été installés en 1646 sur les berges de la rivière Saint-Jean, jusqu’en 1649, et auraient nommé l’endroit l’Assomption. Le même site place le baptême du quartier et la paroisse en 1668, puis la commune en 1790, avec Auguste Joseph Léon pour premier maire, élu le 1er août 1790. Il ajoute que Decaen abolit les municipalités le 2 octobre 1803 et que la Restauration les rétablit le 16 juin 1815. La commune reste datée de la période révolutionnaire. On ne choisit pas un seul jour entre ces lectures. Aucun îlet de cirque n’est rattaché à cette commune dans Nout Îlets.
Quartier-Français reste le pôle sucrier dont l’usine ferme en 1982. Le phare de Bel-Air a ses dates plus bas. L’ancienne gare et le tunnel restent sans année d’ouverture. Bagatelle, Deux-Rives, Commune Ango, La Renaissance et Bras-Pistolet restent nommés. Niagara, le bassin Bœuf et le Piton Dugain ont déjà leurs notices. Aucune distance n’est écrite.