Nout Natir · Nout Dlo
Le Grand Est, château d’eau
Ce n’est pas une tour. C’est le versant au vent : des plateaux forestiers qui reçoivent les alizés, et des rivières qui reparaissent plus bas.
Un cirque comblé
Bébour et Bélouve ne sont pas un reste de montagne ordinaire. Le parc national raconte un quatrième cirque, autour du Piton des Neiges, comblé par les dernières laves. L’Office national des forêts situe ces coulées dans une phase d’activité comprise entre environ 40 000 et 10 000 ans, souvent couvertes de cendres plus récentes. Le plateau de Bébour s’arrête net au-dessus de la vallée de Takamaka. Exposé aux vents d’est, c’est l’une des régions les plus arrosées de l’île.
La forêt de montagne y est encore largement primaire : mousses, fougères, orchidées. Le parc l’appelle une éponge. L’eau disparaît dans le sol et ressort en cascades, vers la rivière des Marsouins et ses affluents. À Bélouve, elle reparaît au Trou de fer. Des canaux, oubliés, ont autrefois mené cette eau vers les sucreries du littoral. Plus tard, des turbines souterraines en ont fait de l’électricité.
Éponge, et sol qui ne retient pas
Le mot éponge a une limite. L’Office, pour la réserve biologique dirigée de Bébour créée en 1994 sur la commune de Saint-Benoît, décrit des andosols : poreux, perméables, riches, et pauvres en eau facilement utilisable par les plantes. S’ils sèchent tout à fait, ils perdent leur structure, et ce dessèchement ne se répare pas. La forêt capte donc beaucoup. Le sol ne fait pas un réservoir qu’on pourrait vider et remplir à volonté.
Le tamarin des hauts domine à Bélouve. Son bois a nourri l’ébénisterie. Une partie de la forêt primaire est devenue forêt conduite, avec un pôle forestier habité. Le plateau regarde Salazie. L’ensemble est dans le bien inscrit au patrimoine mondial. L’eau de l’île, vue depuis les rivières, est dans Nout Rivièr et Nout Dlo. Les forêts, dans Nout Natir.
