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Nout Lieux · Saint-Benoît · Rivière des Marsouins

Bethléem

Un îlet au bord de l’eau. Une chapelle. Des filles qu’on y envoie apprendre à coudre, à cuisiner, à prier. Le sentier descend encore jusqu’à la rivière.

L’îlet et la chapelle

Bethléem est un îlet de la Rivière des Marsouins, sur Saint-Benoît. En 1855, sous le gouvernement d’Henri Hubert-Delisle, son épouse Amélina y fonde un ouvroir et une chapelle. Quatre religieuses des Filles de Marie — la même congrégation que l’on retrouve à la léproserie de Saint-Bernard — y tiennent de jeunes filles : principes chrétiens, couture, cuisine, jardinage. D’autres récits disent que le gouverneur a fait bâtir la chapelle et que son épouse a ouvert l’atelier. C’est en 1855.

Le 26 avril 1860, l’évêque Maupoint érige l’îlet en paroisse. L’ouvroir ne dure pas tout le siècle suivant. Les sœurs partent dans les années 1930. L’atelier est détruit au début des années 1940. La chapelle reste. On la dédie aujourd’hui à Notre-Dame de Fatima. Une autre petite chapelle, à mi-chemin, est consacrée à saint Expédit.

Ce que la rivière a gardé

On descend du parking jusqu’à la rivière, entre fougères et bambous. En bas, la rivière, les galets, les aires où l’on s’assoit. Traverser mène vers l’îlet Coco. Bethléem n’est pas un décor de baignade posé sur une carte. C’est un ancien lieu de vie et de prière, dont il ne reste presque que la chapelle, et la mémoire d’un ouvroir au bord de l’eau.

Une messe de Noël y rassemble encore des gens. Le chemin s’éclaire alors. Le reste de l’année, le site appartient à la promenade, à la commune, à l’évêché. L’îlet, lui, est toujours celui de la Rivière des Marsouins.

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Un îlet de travail et de prière

Bethléem n’est pas un décor de rivière posé sur une carte. C’est un îlet de la Rivière des Marsouins, sur Saint-Benoît, où l’on a envoyé des filles apprendre à coudre, à cuisiner, à prier. En 1855, sous le gouvernement d’Henri Hubert-Delisle, son épouse Amélina y fonde un ouvroir et une chapelle. Quatre religieuses des Filles de Marie — la même congrégation que l’on retrouve à la léproserie de Saint-Bernard — y tiennent de jeunes filles : principes chrétiens, couture, cuisine, jardinage.

D’autres récits disent que le gouverneur a fait bâtir la chapelle et que son épouse a ouvert l’atelier. C’est en 1855. Les récits associent ainsi le gouverneur et son épouse à la fondation du lieu. Ce qui compte, c’est le geste : un îlet au bord de l’eau devient un lieu d’apprentissage, et une chapelle tient le milieu.

Bethléem gravé par Roussin.
Bethléem, tel que Roussin l’a gravé. Un îlet habité, pas seulement un sentier. Antoine Louis Roussin. Domaine public. Fichier d’origine.
L’îlet Bethléem, à Saint-Benoît.
L’îlet. La rivière a gardé le lieu. L’ouvroir, lui, n’y est plus. Photographie de regulator974, CC BY-SA 3.0. Fichier d’origine.

Le 26 avril 1860, l’évêque Maupoint érige l’îlet en paroisse. L’ouvroir ne dure pas tout le siècle suivant. Les sœurs partent dans les années 1930. L’atelier est détruit au début des années 1940. La chapelle reste. On la dédie aujourd’hui à Notre-Dame de Fatima. Une autre petite chapelle, à mi-chemin, est consacrée à saint Expédit. Deux dédicaces, un même sentier.

Ce que la rivière a gardé

On descend encore jusqu’à l’eau, entre fougères et bambous. En bas, la rivière, les galets, les aires où l’on s’assoit. Traverser mène vers l’îlet Coco. Bethléem n’est pas une fiche de baignade. C’est un ancien lieu de vie dont il ne reste presque que la chapelle, et la mémoire d’un ouvroir.

Le chemin de Bethléem.
Le chemin. On descend encore jusqu’à l’eau. Photographie de regulator974, CC BY-SA 3.0. Fichier d’origine.
Un coin de Bethléem, au bord de l’eau.
Un coin de l’îlet. La chapelle reste. L’atelier, non. Photographie de regulator974, CC BY-SA 3.0. Fichier d’origine.

Une messe de Noël y rassemble encore des gens. Le chemin s’éclaire alors. Le reste de l’année, le site appartient à la promenade, à la commune, à l’évêché. L’îlet, lui, est toujours celui de la Rivière des Marsouins. Nout Îlets tient les autres îlets. L’histoire des jeunes filles et des religieuses accompagne celle de la chapelle et de la rivière.

Les gravures anciennes, quand on en a, montrent un lieu habité, pas seulement un sentier. Roussin a regardé Bethléem. Le regard d’aujourd’hui, lui, voit surtout la descente et la pierre. Entre les deux, il y a eu un ouvroir, une paroisse, un départ de sœurs, une destruction d’atelier. Le XIXe siècle n’est pas un décor. Il a travaillé ici, puis il s’est retiré. La rivière, elle, n’a pas quitté l’îlet.

Ceux qui descendent le dimanche ne refont pas l’ouvroir. Ils passent là où d’autres ont appris à tenir une aiguille et un chapelet. Cette différence n’efface pas le lieu. Elle le change de rôle : du travail au passage d’eau. La chapelle, au milieu, continue de dire que l’îlet n’a pas été seulement une baignade.

Les Filles de Marie ont tenu d’autres seuils dans l’île. Saint-Bernard en est un. Bethléem en est un autre. Ici, ce n’est pas la lèpre. C’est l’apprentissage des filles, au bord d’une rivière de l’Est. Le départ des sœurs, dans les années 1930, ferme un métier. La destruction de l’atelier, au début des années 1940, ferme un bâtiment. La chapelle tient le reste.

La messe de Noël n’est pas une reconstitution. C’est un usage qui a survécu. Le chemin s’éclaire. Les gens descendent. Puis le quotidien reprend, et l’îlet redevient un passage d’eau. Les deux temps appartiennent au même lieu. La pratique religieuse et la promenade appartiennent à la vie du lieu.

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