🍚 Blocus & rationnementLa guerre dans l’assiette et le quotidien.Guerres & crises

1940–1945

Vivre avec le manque

Blocus, files d’attente, cartes d’alimentation, manioc, maïs, marché noir — mais aussi jardin, partage et système D.

Une île coupée de ses approvisionnements

Le blocus de la fin de 1940 à novembre 1942

Une étude publiée en 1951 décrit les effets directs du blocus : impossibilité d’exporter normalement le sucre, disparition des importations habituelles de riz d’Indochine et de bœufs de Madagascar. La production sucrière chute fortement tandis que les plantations de manioc et de maïs augmentent massivement.

Les cyclones de 1944 et 1945 aggravent encore une situation déjà fragile.

De longues files

Le rationnement ne garantit pas que le produit existe

Jean Defos du Rau évoque en 1951 un rationnement strict et d’interminables queues devant les magasins, particulièrement lorsqu’un navire était annoncé. La carte d’alimentation organise la répartition, mais la rareté réelle des marchandises continue de peser sur les familles.

Comment nou té tienbo ?

La solidarité et la débrouille font partie de l’histoire

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Retour à la terre

Manioc, maïs, patates, jardins et cultures de substitution.

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Élevage familial

Ce que la cour et le terrain pouvaient encore produire devenait essentiel.

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Troc & échanges

Produits, services, réparations et réseaux familiaux ou de voisinage.

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Faire durer

Réparer, réutiliser, transformer vêtements et objets faute de remplacement.

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Partager

Les témoignages familiaux devront documenter l’entraide concrète entre voisins et proches.

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Cuisiner autrement

Les pénuries modifient les habitudes et renforcent le rôle des ressources locales.

Nou la bezwin zot !

Conservez-vous un bon, une carte ou un souvenir de rationnement ?

Une photographie de carte d’alimentation réunionnaise, un carnet, une lettre, une recette de substitution ou le témoignage d’un parent pourrait devenir un document exceptionnel de Nout Zistoir.

Nout Mémoire

Blocus, ravitaillement et vie quotidienne

La Réunion est loin des champs de bataille européens, mais sa dépendance aux importations rend l’île extrêmement vulnérable lorsque les routes maritimes se ferment.

Dès 1939 puis surtout après l’armistice de 1940, les autorités encouragent la population à cultiver davantage de légumes, de manioc, de maïs et de tubercules.

Des travaux historiques montrent que des surfaces cultivées en canne sont converties en cultures vivrières, parfois dans des proportions considérables.

Le but est simple : nourrir l’île avec ce qu’elle peut produire elle-même.

Après la saisie à Diego-Suarez des deux navires qui assuraient les liaisons avec Madagascar, les relations maritimes se rompent fortement.

À la mi-1942, La Réunion est décrite comme pratiquement coupée du reste du monde.

Les produits importés deviennent rares. Le riz manque. Le manioc, le maïs, les patates et d’autres produits locaux prennent une place beaucoup plus importante.

Le rationnement, les tickets, les files d’attente et les substitutions alimentaires entrent dans la vie quotidienne.

Les produits pharmaceutiques et d’autres biens essentiels deviennent eux aussi difficiles à obtenir.

À La Réunion, la guerre se mesure aussi dans une assiette. Elle se voit dans les champs qu’on replante, dans le riz qui manque, dans le manioc qu’on remplace, dans les familles qui partagent et dans l’île qui apprend à vivre presque seule.

  1. Persée — Jean Defos du Rau, 1951Blocus, sucre, manioc, maïs, cyclones et queues de rationnement.Référence documentaire vérifiée
  2. FranceArchives — Archives de La RéunionDes dossiers d’archives mentionnent les cartes d’alimentation pour 1941–1943.Référence documentaire vérifiée