Nout ZistoirComprendre d’où nous venons pour mieux transmettre ce que nous sommes. Participer

Nout Lieux · L’Étang-Salé

Le Gouffre

Un couloir de roche noire, sur le littoral de L’Étang-Salé. La houle y entre, s’y comprime, et ressort en panache. On le regarde. On n’y descend pas.

La lave, puis la mer

La côte est faite de coulées anciennes, reprises par l’océan. Le Gouffre est une déchirure dans ce basalte : un long couloir où les vagues venues du large se fracassent. Par houle du sud, le spectacle est le plus fort. Une hauteur de déferlante chiffrée circule dans les guides. Elle n’est pas retenue ici : les récits ne s’accordent pas, et une vague n’a pas la même taille selon qu’on la mesure au large ou contre la falaise. Les familles de houles sont expliquées dans Houles.

Le même dialogue entre lave et mer existe plus à l’ouest, au Souffleur de Saint-Leu, et plus à l’est, au Cap Méchant. Ce ne sont pas le même trou. C’est la même côte qui ne reste pas tranquille.

Voir, sans entrer

Le site a déjà pris des vies. La presse le rappelle à chaque accident : les vagues sont imprévisibles, les cavités ne sont pas une promenade, les garde-corps sont là pour être respectés. On ne donne pas de chemin pour s’approcher du bord. La plage noire de la commune est une autre page, un autre usage. Le Gouffre, lui, est un bruit.

Nout Lieux Nout Sécurité L’Étang-Salé

Un trou où la mer se parle

À L’Étang-Salé, le Gouffre n’est pas une plage. C’est un couloir de basalte. La houle y entre, s’y comprime, et ressort. On l’entend avant de le voir. Les familles de houles sont dans leur page. Ici, on ne chiffre pas la vague. On dit seulement qu’elle n’a pas la même taille selon qu’on la regarde au large ou contre la roche.

Le site a déjà pris des vies. La presse le rappelle à chaque accident. Cette page ne les énumère pas. Elle ne donne aucun chemin pour le bord. Les garde-corps sont là pour être respectés. Un trou n’est pas une promenade. Un bruit n’est pas une invitation.

La mer entre dans une faille de lave au gouffre de l’Étang-Salé.
Le Gouffre. La mer entre dans la roche. Ce n’est pas une plage. La photographie porte « Photo M. Bergeron ». Publication Commons : Tonton Bernardo. Photographie de Tonton Bernardo, CC BY-SA 3.0. Fichier d’origine.
Le sentier littoral du Gouffre, à L’Étang-Salé.
Le sentier du littoral. On peut marcher. On ne quitte pas le sentier pour « mieux entendre ». Photographie de Clémenceau Lauret, CC BY-SA 3.0. Fichier d’origine.

La même commune, un autre usage de la mer

Plus loin, la plage noire de L’Étang-Salé sert à autre chose : on s’y assied, on y marche, on y voit le soleil descendre. Ce n’est pas le Gouffre. Les deux lieux partagent la lave et l’océan. Ils ne partagent pas le droit de s’approcher. Confondre la carte postale et le couloir, c’est déjà une erreur. Les photographies de plage, plus bas, ne sont pas le trou. Elles disent seulement que la même commune a deux manières de regarder la mer.

Coucher de soleil sur le littoral de L’Étang-Salé.
Le littoral de L’Étang-Salé, en fin de jour. La carte postale n’ouvre pas le Gouffre. Photographie de Alexandre Dijoux, CC BY-SA 2.0. Fichier d’origine.
Le sentier littoral près du Gouffre.
Le même sentier, autre passage. Le Gouffre est un bruit, pas une promenade dans la roche. Photographie de Clémenceau Lauret, CC BY-SA 3.0. Fichier d’origine.

Le même dialogue entre lave et mer existe au Souffleur et au Cap Méchant. Ce ne sont pas le même trou. Ce n’est pas la même commune. C’est la même côte qui ne reste pas tranquille. À L’Étang-Salé, le sable noir a servi de rivage habité, de dimanche, de bain surveillé. Le Gouffre, lui, n’a jamais été cela. Il est un accident de la roche, un endroit où la mer se parle toute seule.

Les habitants du bord le savent sans notice. On vient écouter. On ne descend pas. Les visiteurs qui n’ont pas grandi ici n’ont pas cette mémoire dans le corps. C’est pour eux que la page insiste. Nout Sécurité garde le téléphone. Nout Lieux range le site. Cette page tient seulement le Gouffre, et le refus d’y entrer.

Quand la mer est plate, le lieu reste un trou. Quand la houle du sud travaille, il parle plus fort. Aucun de ces deux jours n’ouvre le passage. La plage, plus loin, continue d’être une plage. Le Gouffre continue d’être un bruit.

Le sentier du littoral passe à côté. On peut marcher. On peut photographier. On ne quitte pas le sentier pour « mieux entendre ». Le Gouffre n’a pas besoin que l’on s’approche pour exister. Il existe déjà trop bien. Les accidents l’ont dit. Cette page n’en fait pas une liste. Elle en fait une limite.

L’Étang-Salé porte les deux visages : le sable où l’on s’assoit, le couloir où l’on n’entre pas. Confondre les deux sur une même carte, c’est déjà une erreur. Les photographies de plage, ici, ne décorent pas le Gouffre. Elles empêchent de le prendre pour une plage.