Nout Zanimos
Le papangue
Le seul rapace qui niche encore dans l’île. On l’a traité de voleur de poules. Il chasse au-dessus des ravines, des forêts et des champs de canne.
Le dernier
Le papangue, busard de Maillard, ne vit qu’à La Réunion. Un autre rapace de l’île, le faucon de Dubois, a disparu dès le XVIIe siècle. Le papangue est donc seul. Ses ailes sont plus courtes et plus rondes que celles de beaucoup de busards : elles vont à une île de pentes et de forêts, pas à une plaine ouverte.
Le mâle est sombre dessus, clair dessous. La femelle est brune, mouchetée. On le voit des forêts abîmées aux champs, rarement tout en haut de l’île, rarement dans la savane sèche de l’Ouest. Il niche sur des pentes boisées. Il chasse aussi dans la canne et les pâturages. Une part de ce qu’il mange aujourd’hui n’existait pas avant les hommes : rats, souris, et le tangue.
De la vermine à l’oiseau protégé
Longtemps, on l’a accusé de prendre les poules. La chasse et la capture ont fini par être interdites. Il est protégé. Les listes internationales le classent en danger : peu d’oiseaux, une île seule, un habitat qui continue de se dégrader. Les comptages de couples ne se superposent pas.
Le voir tourner au-dessus d’une ravine, c’est voir le dernier grand chasseur à plumes de l’île. Il n’a pas choisi les champs. Les champs sont venus sous lui.
Un chasseur d’île, pas de plaine


De la vermine à l’oiseau que l’on protège
Longtemps, on l’a accusé de prendre les poules. La chasse et la capture ont fini par être interdites. Il est protégé. Les listes internationales le classent en danger : peu d’oiseaux, une île seule, un habitat qui continue de se dégrader. Les comptages de couples ne se superposent pas. Un chiffre de couple n’est pas une photographie. Il change selon l’année, selon la méthode, selon ce que l’on a pu voir.


Le voir tourner au-dessus d’une ravine, c’est voir le dernier grand chasseur à plumes de l’île. Il n’a pas choisi les champs. Les champs sont venus sous lui. Le solitaire-ibis n’a pas eu cette chance : il a disparu trop tôt. Le papangue, lui, a traversé les siècles où l’on tirait sur ce qui volait trop près des basses-cours. Il est encore là. Il n’est pas nombreux.
Ce n’est pas le paille-en-queue, qui vit de la mer et ne doit à l’île que la falaise. Le papangue doit à l’île tout son territoire. S’il disparaît ici, il disparaît partout. Nout Zanimos et Nout Natir tiennent les portes. Les estimations de population doivent être rattachées à leur année et à leur méthode.
Les gravures anciennes, quand on en a, le montrent déjà comme un chasseur du ciel réunionnais. Le regard d’aujourd’hui le photographie au-dessus des cannes. Entre les deux, il y a eu la réputation de voleur, l’interdiction de le prendre, le classement en danger. L’oiseau, lui, continue de tourner. Tant qu’il tourne, l’île a encore un rapace à elle.
Roussin l’a gravé. Les naturalistes l’ont nommé Maillard. Les habitants l’ont appelé papangue. Les trois noms se tiennent. Aucun n’efface la réputation de voleur de poules, qui a assez duré pour menacer l’oiseau. La protection est venue trop tard pour beaucoup d’autres. Pour celui-ci, elle est venue assez tôt pour qu’il soit encore photographiable.
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