Nout Patrimoine · Saint-Paul · à partir de 1723
La poudrière
Un magasin à poudre, pas une caserne. Une salle courte, des murs épais, une enceinte. Au sud-ouest de Saint-Paul, elle a la réputation d’être parmi les plus anciens gestes de pierre encore debout.
Garder la poudre au sec, et à l’écart
La construction commence en 1723, chemin du Tour-des-Roches, au sud-ouest de la ville de Saint-Paul. La poudre sert aux travaux et à la défense du quartier. On ne la laisse pas dans une case de bois. On la met sous une voûte, derrière une masse de maçonnerie.
La salle intérieure mesure 7,5 mètres de long et 4,65 de large. Les murs ont 1,30 mètre d’épaisseur. Ils sont percés d’évents, d’une porte, et d’une fenêtre placée à l’opposé de l’entrée. Cette fenêtre est aujourd’hui bouchée. La salle est voûtée. Par-dessus, le couvrement que l’on voit est un toit à deux pans. Autour, un mur d’enceinte : 2,60 mètres de haut, 0,60 mètre d’épais.
Sur une carte de 1732-1733, le magasin à poudre est déjà dessiné. Presque rien de bâti en dur, dans ces années-là, n’est arrivé jusqu’à nous. La réputation d’ancienneté dit cela, sans prétendre avoir comparé tous les murs de Bourbon.
Ce que le sol a gardé
Le 31 octobre 1994, la poudrière est inscrite au titre des monuments historiques. L’inscription protège l’édifice. Ce n’est pas un classement.
En 2018, un diagnostic archéologique reprend une étude historique de 2009 et une première expertise menée en 2013. Sous l’enceinte, les fondations apparaissent. Deux sondages retrouvent le conduit du paratonnerre du XIXe siècle, encore lié à la toiture : un canal de briques, un conducteur pris dans des charbons de bois et des galets de pierre ponce. La foudre, sur un magasin à poudre, n’est pas un détail. On a cherché à l’écarter.
Un plan du XIXe siècle mentionne un corps de garde et une guérite. Cinq sondages ne les ont pas retrouvés. À l’intérieur, sous les enduits modernes, les ouvertures ont été plusieurs fois reprises. Le sol d’origine est encore là : un radier sur la roche taillée, lié au mortier rose.
La masse, en 2011
La tige qui dépasse du toit répond au paratonnerre du XIXe siècle, retrouvé dans le comblement : sur un magasin à poudre, écarter la foudre faisait partie du bâtiment.
Autour, Saint-Paul a grandi. La poudrière n’a pas suivi. Elle est restée un petit volume de pierre, fait pour contenir ce que l’on ne devait ni mouiller, ni approcher d’une flamme. C’est sa fonction qui explique sa forme. Ce n’est pas un monument que l’on a embelli. C’est un coffre.
