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Nout Zistoir · 1939–1945

Prisonniers, internés, déportés

Trois mots. Trois situations. Les ranger dans le même récit, c’est perdre les personnes.

Le mot change la vie

Un prisonnier de guerre est un militaire capturé par une armée ennemie. Un interné est retenu par une décision administrative, politique ou militaire : il faut dire laquelle, et par qui. Un déporté est transféré de force dans une répression, une persécution ou un système de camps. Le contexte se vérifie personne par personne.

Plus de six cents Réunionnais engagés dans les armées françaises ont été prisonniers pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce n’est pas le chiffre des morts au combat. La guerre de 1939-1945 compte autrement ceux qui sont tombés. La captivité est une autre absence : longue, loin, et souvent tue au retour.

De la défaite de 1940 à l’Indochine

Beaucoup sont pris dans la défaite de 1940, sur le sol de France, puis tiennent des mois et des années dans les camps allemands. D’autres, plus tard, connaissent la captivité japonaise en Indochine. Ce ne sont pas les mêmes guerres dans la guerre, ni les mêmes geôles.

Quelques-uns s’évadent. Les archives ont permis de retrouver quinze évasions réussies depuis les camps allemands. Pour des Réunionnais, aucune évasion documentée n’a été retrouvée en Indochine, ni en Afrique. Le chiffre des tentatives manquées est plus haut, et moins écrit.

Quand l’île change de camp, les prisonniers ne rentrent pas avec la nouvelle. Ils restent où la capture les a mis. Le monument aux morts ne dit pas cette attente. Les noms des morts sont un autre travail.

La guerre elle-même est dans 1939–1945. Les morts ont une autre page, la mémoire des soldats, et Saint-Paul a la sienne. Le cadre plus large est guerres et solidarités, dans Nout Zistoir.