Nout DloL’eau qui descend des Hauts et qui fait les lieux. Nout Dlo

Nout Dlo · Ravine Saint-Gilles · Saint-Paul

Bassin Malheur

Dans l’Ouest sec, l’eau de la ravine Saint-Gilles reparaît ici. Le nom est sombre. Le rôle est l’inverse : c’est de ce point que part l’eau qui fait vivre Saint-Gilles, et c’est de ce point que l’accès au lit est fermé.

Le puits de l’Ouest

La ravine Saint-Gilles est l’un des rares cours d’eau pérennes de la côte sous le vent. Son eau ne court pas depuis les Hauts à ciel ouvert jusqu’à la mer. Elle ressort, près du littoral, en résurgences. Bassin Malheur est le premier grand plan d’eau de cette réapparition. En aval viennent le bassin des Aigrettes, puis le bassin Cormoran.

Ce bassin est aussi un captage. Les textes de la régie et de la collectivité parlent du puits Bassin Malheur, une prise d’eau superficielle qui alimente Saint-Gilles, traitée à l’usine de Grand-Fond. Depuis 2022, la régie La Créole est mise en demeure de substituer cette prise par des forages d’eau souterraine. Si les études tiennent, les forages d’exploitation pourraient commencer au second semestre 2026, neuf ou douze selon le débit, l’un après l’autre. L’échéance annoncée pour cette ressource est 2030. Ce n’est pas une date de réouverture du site. C’est une date de travaux, et encore à condition que les essais soient bons.

Interdit depuis le 12 septembre 2003

Un arrêté municipal de Saint-Paul interdit l’accès au lit de la ravine entre Malheur et les Cormorans depuis le 12 septembre 2003. La raison écrite est l’instabilité des falaises qui surplombent la ravine et les sentiers. Des arrêtés préfectoraux encadrent en plus les prélèvements, souterrains et superficiels, dans tout ce système.

Le 6 mars 2025, après Garance, la ville a rappelé l’interdiction. Les équipes de La Créole avaient signalé une instabilité du grand talus qui borde le canal Jacques, donc un risque d’effondrement en plus. Une inspection du BRGM a été demandée. Les patrouilles ont été renforcées. Des gens continuaient d’y aller. La presse a rappelé qu’un accident mortel avait eu lieu en 2022. Le nom de la personne n’est pas repris ici.

Pourquoi « Malheur » ? Aucune archive recoupée, dans ce passage, ne rattache le nom à un événement précis. On ne fabrique pas une tragédie pour expliquer un toponyme. Le malheur établi, lui, est celui des chutes de falaise et des noyades, pas celui d’une légende.

Une eau que l’on boit, pas un sentier que l’on force

Emmanuel Séraphin l’a dit pour la commune : on n’en est pas à rouvrir. L’accès est compliqué, avec des éboulements. Une valorisation touristique ne pourrait se discuter qu’après. D’ici là, Malheur reste une page de mémoire et d’eau potable, pas un itinéraire.

L’Ouest a soif. Cette résurgence a fait des vergers, des canaux, une oasis au milieu des pentes sèches. Elle fait encore les robinets de Saint-Gilles. C’est déjà une histoire assez grande pour ne pas avoir besoin d’y ajouter un chemin interdit.

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