Le Vieux PortLa Pointe des Galets, avant la ville.Le Port

Nout Lieux

Le Vieux Port

À la Pointe des Galets, le port de commerce précède la ville. Le chantier ouvre une plaine de galets. La commune vient après.

Un chantier, deux comptes d’ouvriers

Le grand port situe le choix du site en 1872. Jusque-là, l’île est desservie par des marines, des ponts avancés sur la mer. En 1878, la Compagnie du chemin de fer et du port obtient les travaux et la concession. Le chantier démarre en 1879. La ville parle de plus de 8 000 ouvriers. Le port, sur sa frise, parle de plus de 15 000. Les deux chiffres sont publiés. Ils ne sont pas ramenés à un seul. L’inauguration, elle, a une date : le 14 février 1886.

Le rail qui part de là — la compagnie, les dates d’ouverture, les fermetures — est raconté dans Nout Transports.

La pointe quitte La Possession

Jusqu’en 1895, la Pointe des Galets relève de La Possession. Le 22 avril 1895, elle devient une commune. Les pages de la ville la nomment Le Port, et, au jour de la création, aussi Le Port de la Pointe des Galets. Elle compte alors un peu plus de 2 000 habitants. La ville donne sa superficie : 1 660 hectares.

Le bassin de 1886 porte le trafic pendant un siècle environ. Un autre port, à trois kilomètres, est inauguré le 24 janvier 1986. La commune d’aujourd’hui est Le Port.

Avant la commune, le chantier

Le Port n’est pas né d’un décret. Il est né d’un trou dans la côte. À la Pointe des Galets, le port de commerce précède la ville. Le grand port situe le choix du site en 1872. Jusque-là, l’île est desservie par des marines, des ponts avancés sur la mer. En 1878, la Compagnie du chemin de fer et du port obtient les travaux et la concession. Le chantier démarre en 1879. On inaugure le 14 février 1886.

Les chiffres d’ouvriers se disputent : plus de 8 000 selon la ville, plus de 15 000 sur la frise du port. Les deux sources publient des décomptes différents. Un chantier de cette taille attire. Ce que l’on tient, c’est le fait : on a ouvert une plaine de galets, et des hommes y ont travaillé assez nombreux pour qu’une ville en naisse.

Le vieux port du Port, photographie ancienne.
Le vieux port. André Salles, vers 1900. André Salles. Domaine public. Fichier d’origine.
Le chantier et le bassin du Port.
Le bassin. On creuse, on bâtit, on habite. André Salles. Domaine public. Fichier d’origine.

Le rail qui part de là — la compagnie, les dates d’ouverture, les fermetures — est raconté dans Nout Transports. Le port et le train se tiennent. L’un sans l’autre n’aurait pas le même sens. La canne, le sucre, les sacs, les voyageurs : tout cela a cherché une porte sur l’océan plus sûre que les anciennes marines.

La pointe quitte La Possession

Quais et navires au Port.
Les quais. Le Port comme métier, pas seulement comme nom. André Salles. Domaine public. Fichier d’origine.
Panorama du port de la Pointe des Galets.
Le port de la Pointe des Galets, en panorama. André Salles. André Salles. Domaine public. Fichier d’origine.

Le bassin de 1886 porte le trafic pendant un siècle environ. Un autre port, à trois kilomètres, est inauguré le 24 janvier 1986. L’ancien bassin ne disparaît pas. Il change de rôle. On y voit encore l’eau, les quais, les traces. On n’y fait plus le même métier. La commune a grandi autour. Les grues, elles, se sont déplacées.

Le Vieux Port conserve la mémoire du chantier, des ouvriers et de la naissance de la commune. Les photographies d’André Salles, plus bas, montrent le chantier et le bassin quand le métier était encore là. Ce n’est pas une nostalgie. C’est une date que l’on peut encore regarder.

Nout Lieux ouvre le reste. Le Port, lui, a deux âges d’eau. Le premier a fait la ville. Le second a déplacé le métier. Entre les deux, il y a eu un siècle de quais, de sacs, de rails, et une commune qui n’existait pas avant le chantier.

Les photographies d’André Salles ne sont pas une carte postale de dimanche. Elles montrent un métier : bassins, navires, quais, un trou que l’on a voulu tenir contre la houle. Un siècle plus tard, le métier s’est déplacé de trois kilomètres. Le vieux bassin, lui, est resté dans la ville. On peut encore le voir. On ne peut plus le prendre pour le grand port.

Huit mille ou quinze mille : les deux comptes d’ouvriers restent ouverts. Ces décomptes ne sont pas directement comparables. Un chantier de cette taille a attiré plus de monde que la pointe n’en avait jamais vu. Assez pour qu’une commune naisse en 1895. Pas assez pour que l’on tranche un chiffre que les sources ne recoupent pas.

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