Le chantier et les deux comptes d’ouvriers sont sur la page du Vieux Port. Ici, c’est la ville qui vient après. Le 22 avril 1895, la Pointe quitte La Possession. On l’appelle Le Port, et aussi Le Port de la Pointe des Galets. Un peu plus de 2 000 habitants. 1 660 hectares. Bellevue Courteaud préside une délégation spéciale du 11 juillet au 9 août. Les registres d’état civil s’ouvrent le 22 juillet. L’élection du 9 août fait maire Derieul. La ville écrit de Roland, et aussi Deroland. Une ligne le date du 16 août. On ne choisit pas un seul jour.
Les premiers habitants viennent d’autres communes de l’île, et d’Afrique, d’Inde, de Madagascar, d’Europe. Ils s’installent dans des cases près du chantier. Le quartier Épuisement tire son nom d’un puits, entre les premiers bassins et le lit de la Rivière des Galets. Une machine du chantier s’appelle Titan. Elle laisse son nom à un quartier. Quand on creuse la darse, à la fin des années 1960, ce quartier disparaît presque. Les gens sont relogés plus près des berges.
La mairie commence dans une case. En 1903, elle occupe l’Hôtel du Port, rue Évariste de Parny. Le bâtiment de l’emplacement actuel est inauguré à la fin de 1911 et achevé en mars 1913. L’église Sainte-Jeanne-d’Arc est demandée dès 1892. La première pierre est de 1903. La nef finit en juillet 1905. La charpente métallique arrive en novembre 1907, sur le Ville de Majunga. On inaugure une première fois le 6 janvier 1908, le jour de Jeanne d’Arc, alors que le chœur n’est pas fini. La seconde inauguration est le 5 avril 1915. Le marché de bois de 1896 est emporté par le cyclone de 1932. Le marché couvert ouvre en décembre 1934. Tout l’Ouest y vient.
L’eau manque longtemps. En 1954, la ville compte 80 % des logements sans eau courante. Au début des années 1970, 56 % sont encore sans eau ni électricité. Léon de Lépervanche, cheminot, est maire de 1945 à 1961. Ce n’est pas Georges de Lepervanche, maire en 1900. Le rail, lui, est supprimé officiellement le 6 avril 1956. Les rues gardent son tracé. Nout Transports tient l’ouverture, et deux autres lectures de la fermeture du sud, entre Le Port et Saint-Pierre : 1955 dans le récit du Département, 1957 dans d’autres chronologies. On ne choisit pas un seul jour.
Le 30 mars 1919, le Madonna fait escale. Le parcours de la ville relie ce navire à la grippe, et compte plus de 7 % des Portois emportés. Un cimetière leur est ouvert à la Butte Citronnelle. Le 28 novembre 1942, la batterie du port tire sur le Léopard. Le même parcours met Léon de Lépervanche parmi ceux qui, à terre, veulent faire taire les canons, et deux jeunes femmes tuées à la Butte par des éclats. La page de la guerre compte les morts autrement. On ne fond pas les deux récits.
De 19 768 habitants en 1968, la commune monte à 38 412 en 1999, puis redescend à 33 969 en 2023. Le port de 1986 est à l’est. Une clôture sépare la ville de ses anciens bassins. Deux maisons d’ingénieurs, bâties en 1879, sont inscrites en 2014. Au Cœur Saignant, le moringue se pratique jusque dans les années 1960. Le parc boisé vient après, sur la savane.