Nout TransportsDu bateau au Ti train, puis à la route.Nout Lieux

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La mer a longtemps été la porte. Le Ti train a suivi la côte. La route a pris sa place, puis l’avion a ouvert un autre ciel.

Avant le rail

Rejoindre une autre commune, ce n’était pas traverser une carte. C’était la mer, le pied, la bête de somme, la charrette, et le temps que les ravines imposent. Le relief coupe l’île : falaises, remparts, cirques. Cette page ne donne aucun chemin. Elle dit seulement que le voyage faisait partie de la journée.

Le train est né pour les marchandises, et d’abord pour la canne, vers un port en eau profonde à la Pointe des Galets. Ce port devient Le Port. L’ancien mouillage a sa fiche, le vieux port.

Un train qui ne fait pas le tour

Le projet d’un chemin de fer lié à ce port est posé en 1875. La Compagnie du chemin de fer et du port de La Réunion est fondée le 29 février 1878, et les travaux commencent la même année. Une notice patrimoniale fait remonter l’idée à 1858, et note un premier train en gare de Saint-Denis le 9 août 1881.

L’inauguration est datée du 11 février 1882. Ce jour-là, un convoi officiel va de Saint-Denis à Saint-Benoît. L’exploitation vers Saint-Louis est autorisée le 15 février, et jusqu’à Saint-Pierre le 5 juillet. Une autre mémoire place la mise en service de l’ensemble au 20 février. Les calendriers restent en regard. La ligne compte environ 126 kilomètres. Elle relie Saint-Benoît à Saint-Pierre en passant par Saint-Denis et Le Port. Elle ne boucle pas l’île. On l’appelle le Ti train.

Quand le rail s’arrête

En 1951, la compagnie passe en régie départementale, sous le nom de chemin de fer de La Réunion. Le port, lui, est remis à la chambre de commerce. Le sud ferme en 1955 dans le récit du Département, en 1957 dans d’autres chronologies : entre Le Port et Saint-Pierre. La fiche du Port tient une troisième date : le rail y est supprimé officiellement le 6 avril 1956. On ne fond pas ces trois lectures. Le nord, de Saint-Denis à Saint-Benoît, ferme en 1963. Le dernier tronçon, de Saint-Denis à La Possession, ferme en 1976. À La Grande Chaloupe, des machines restaurées et un musée gardent une trace de la ligne.

Entre la falaise et la mer

La route a occupé le littoral que le train quittait. Entre Saint-Denis et La Possession, elle est serrée entre la falaise et l’océan. Le 28 août 2022, une partie de la nouvelle route du littoral s’ouvre dans un seul sens, du nord vers l’ouest, sur un viaduc de 5,4 kilomètres. L’ensemble prévu mesure 12,3 kilomètres jusqu’à La Possession. Le ministère compte alors environ 80 000 usagers par jour sur cet axe, et annonce une circulation dans les deux sens pour le début de 2023. Cette page tient l’ouverture partielle. Elle ne confirme pas la suite, et elle ne dit pas comment conduire. Pour le danger immédiat, Nout Sécurité reste l’écran qui appelle les secours.

Gillot, puis Roland Garros

En 1929, Marcel Goulette pose un Farman dans un champ aménagé à Gillot, sur la commune de Sainte-Marie. L’aéroport confirme l’année, le pilote et le lieu. Un récit de presse date l’atterrissage du 26 novembre. En 1946, une piste revêtue de 1 870 mètres est construite. Une première aérogare suit en 1951. En 1994, une piste de 3 200 mètres permet les vols sans escale vers la métropole. Le 26 novembre de cette année-là, le site prend le nom d’aéroport de La Réunion Roland Garros.

Les communes traversées par l’ancien rail ont chacune leur porte. Les lieux, les ravines et les caps sont dans Nout Lieux.