Saint-Philippe est la première des communes réunionnaises créées après la longue stabilité administrative du début du XIXe siècle. Le territoire, isolé, se développe avec des chapelles, des pistes, des cultures et des établissements côtiers. Une source municipale donne pour 1847 une population de 1 748 personnes, dont 694 personnes réduites en esclavage : cette donnée rappelle que l’histoire du Sud sauvage est aussi celle du système servile.
L’association des maires raconte la fin du XVIIIe siècle : sous Joseph Hubert, établi à Saint-Joseph, environ 600 hectares de girofliers et de muscadiers. L’Inrap rappelle qu’avant la canne, le café et le girofle occupaient le Sud, et que les liaisons se faisaient par la mer. Au XIXe siècle, la canne s’impose. La même page municipale dit que Saint-Philippe a compté jusqu’à trois sucreries, et que l’on y produit aussi de la vanille et du palmiste. Le vacoa reste l’artisanat de réputation, partagé avec Saint-Joseph. L’association des maires parle d’une pêche traditionnelle, moins active qu’autrefois.
Du 2 avril au 1er mai 2007, une éruption s’ouvre dans le Grand-Brûlé, vers 590 mètres, à environ sept kilomètres du sommet, près du rempart du Tremblet et du village. La lave atteint la mer onze heures après le début. À la fin, environ 45 hectares de terrain nouveau existent. Une plage d’environ 200 mètres se forme au sud de la coulée, un sable où l’olivine domine. Le village du Tremblet est fortement secoué. La forêt de Mare-Longue est l’un des sites ajoutés au bien, dans l’aire d’adhésion.