Nout Communes • N° 12 dans l’ordre historique

Saint-Philippe

Ordonnance du 4 octobre 1830. En 2007, la lave du Tremblet atteint la mer.

Le Sud sauvage

Détachée de Saint-Joseph, face à la Fournaise

L’ordonnance royale du 4 octobre 1830 détache la commune de Saint-Joseph. La page municipale de l’église dit que ce décret prend la Section Baril, de Basse-Vallée jusqu’au milieu du Grand Brûlé. L’histoire municipale compte alors environ 1 500 habitants. Le code Insee est 97417. Le code postal est 97442. En 2023, l’Insee compte 5 082 habitants.

Histoire lontan

La Section Baril, l’esclavage, la lave

Saint-Philippe est la première des communes réunionnaises créées après la longue stabilité administrative du début du XIXe siècle. Le territoire, isolé, se développe avec des chapelles, des pistes, des cultures et des établissements côtiers. Une source municipale donne pour 1847 une population de 1 748 personnes, dont 694 personnes réduites en esclavage : cette donnée rappelle que l’histoire du Sud sauvage est aussi celle du système servile.

L’association des maires raconte la fin du XVIIIe siècle : sous Joseph Hubert, établi à Saint-Joseph, environ 600 hectares de girofliers et de muscadiers. L’Inrap rappelle qu’avant la canne, le café et le girofle occupaient le Sud, et que les liaisons se faisaient par la mer. Au XIXe siècle, la canne s’impose. La même page municipale dit que Saint-Philippe a compté jusqu’à trois sucreries, et que l’on y produit aussi de la vanille et du palmiste. Le vacoa reste l’artisanat de réputation, partagé avec Saint-Joseph. L’association des maires parle d’une pêche traditionnelle, moins active qu’autrefois.

Du 2 avril au 1er mai 2007, une éruption s’ouvre dans le Grand-Brûlé, vers 590 mètres, à environ sept kilomètres du sommet, près du rempart du Tremblet et du village. La lave atteint la mer onze heures après le début. À la fin, environ 45 hectares de terrain nouveau existent. Une plage d’environ 200 mètres se forme au sud de la coulée, un sable où l’olivine domine. Le village du Tremblet est fortement secoué. La forêt de Mare-Longue est l’un des sites ajoutés au bien, dans l’aire d’adhésion.

Les habitants

De 3 336 à 5 082

AnnéePopulation municipale
19683 336
19753 453
19823 476
19904 005
19994 860
20075 129
20125 072
20175 260
20235 082

La série est celle de l’Insee, populations de référence 2023. Le recensement de 2007, 5 129 habitants, est celui de l’année de l’éruption du Tremblet.

Quartiers et écarts

De Basse-Vallée au Grand Brûlé

Le bourg, le Baril, Basse-Vallée, Mare-Longue, Takamaka, le Tremblet et le Grand Brûlé se lisent avec la page municipale, l’association des maires et les notices des monuments.

97442

Centre-bourg

En 1823, une chapelle de bois est élevée, alors que le territoire s’appelle encore Section Baril et dépend de Saint-Joseph. La page municipale lie cette chapelle au déplacement des habitants depuis Basse-Vallée, où se trouve le premier cimetière, dit cimetière marin. L’église de pierre est consacrée le 25 juillet 1839, sur un terrain donné par Jean-Baptiste François Delcy Fin, ancien maire, en échange d’un banc pour lui et les siens. Une seconde église est bénie le 13 juillet 1860 et consacrée le 17 juin 1866. La cloche de 1878 porte, selon la ville, le nom d’Henriette Persée Françoise, ou d’Henriette Renée Françoise. Elle a de nouveau sonné le 20 décembre 2024.

97442

Le Baril

La cheminée du Baril, à Saint-Philippe
La cheminée du Baril, 19 mai 2011. Photographie contemporaine. Thierry Caro, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0.

L’association des maires fait du Baril le premier hameau de la colonisation du Sud. Avant 1830, la page municipale appelle le territoire Section Baril. L’usine sucrière est construite entre 1861 et 1863 par Jacques-Henri Montbel Fontaine, maire de 1842 à 1850. Le Crédit foncier colonial la rachète en 1868. Elle ferme en 1887, devient féculerie de manioc en 1919, et le cyclone de 1932 la laisse en ruine. Cheminée et vestiges sont inscrits le 22 mars 2022. L’Inrap décrit à côté un camp de cases légères et une forge, et compte 430 engagés et affranchis au moment où l’usine cesse le sucre.

97442

Basse-Vallée

La page municipale y place le premier cimetière, dit cimetière marin, et le départ des habitants qui gagnent le centre avant la chapelle de 1823. L’ordonnance de 1830 fait commencer la commune à Basse-Vallée.

97442

Mare Longue

La forêt de Mare-Longue est l’un des sites ajoutés au bien, dans l’aire d’adhésion. Nout Piton en tient la notice.

97442

Takamaka

Takamaka est un écart de Saint-Philippe. Il ne se confond pas avec le Takamaka de Saint-Benoît.

97442

Secteur de limite vers Vincendo

Vers l’ouest, le territoire regarde Vincendo et Saint-Joseph, la commune dont Saint-Philippe est détaché le 4 octobre 1830.

97442

Le Tremblet

Du 2 avril au 1er mai 2007, une éruption s’ouvre dans le Grand-Brûlé, vers 590 mètres, à environ sept kilomètres du sommet, près du rempart du Tremblet et du village. La lave atteint la mer onze heures après le début. À la fin, environ 45 hectares de terrain nouveau existent. Une plage d’environ 200 mètres se forme au sud de la coulée. Le village est fortement secoué. Tremblet est le nom du rempart et celui du village. La Pointe du Tremblet a deux lectures : le littoral, et le point de vue. Le récit est dans Nout Volkan.

97442

Grand Brûlé et territoires des coulées

Du 2 avril au 1er mai 2007, l’éruption s’ouvre dans le Grand-Brûlé. La lave atteint la mer onze heures après le début. L’ordonnance de 1830 faisait aller la commune jusqu’au milieu de ce Grand Brûlé. Le Piton de la Fournaise reste le sommet, aussi noté à Sainte-Rose.

Nout terroir

Girofle, canne, vacoa

L’association des maires raconte la fin du XVIIIe siècle : sous Joseph Hubert, établi à Saint-Joseph, environ 600 hectares de girofliers et de muscadiers. L’Inrap rappelle qu’avant la canne, le café et le girofle occupaient le Sud, et que les liaisons se faisaient par la mer.

Au XIXe siècle, la canne s’impose. La page municipale dit que Saint-Philippe a compté jusqu’à trois sucreries, et que l’on y produit aussi de la vanille et du palmiste. L’usine du Baril est construite entre 1861 et 1863. Elle ferme en 1887, devient féculerie de manioc en 1919, et le cyclone de 1932 la laisse en ruine.

Le vacoa reste l’artisanat de réputation, partagé avec Saint-Joseph. L’association des maires parle d’une pêche traditionnelle, moins active qu’autrefois, et place la fête du vacoa en août.

Nout patrimoine

L’église, l’usine, les puits

L’église du centre a sa chronique municipale : chapelle de bois en 1823, consécration du 25 juillet 1839, seconde église bénie le 13 juillet 1860. L’usine du Baril, cheminée et vestiges, est inscrite en totalité le 22 mars 2022. La fiche nomme aussi la cheminée de La Trinité. Le Puits des Français reste interdit d’accès. Le Puits Arabe est un ancien puits côtier. L’Inrap date le creusement du Puits des Anglais vers 1819 : les pluies étaient abondantes, et l’eau douce ne restait pas.

La côte commence au Cap Méchant. Plus loin, la Pointe du Tremblet et la pointe de la Table portent les coulées. Le Piton de la Fournaise, le cratère Dolomieu, le Piton Bory et le Pas de Bellecombe-Jacob sont aussi notés à Sainte-Rose.

Wikipédia date l’échouement du transport de troupes Warren Hastings dans la nuit du 13 au 14 janvier 1897 et retient deux morts. La ville raconte qu’une horloge offerte par la reine Victoria, en remerciement du secours, a longtemps été dans l’église, et qu’elle n’y est plus. L’association des maires place la fête du vacoa en août, l’anniversaire de la commune le 4 octobre, et la commémoration de l’abolition le 20 décembre.

Rakont anou

Ce que les quartiers savent encore

Avant l’ordonnance du 4 octobre 1830, le territoire s’appelle encore Section Baril et dépend de Saint-Joseph. La page municipale lie la chapelle de bois de 1823 au déplacement des habitants depuis Basse-Vallée, où elle place le premier cimetière, dit cimetière marin.

Jean-Baptiste François Delcy Fin donne le terrain de l’église consacrée le 25 juillet 1839. L’abbé Le Fichant arrive le 3 juillet 1859. La seconde église est bénie le 13 juillet 1860. Jacques-Henri Montbel Fontaine, maire de 1842 à 1850, fait bâtir l’usine du Baril, construite entre 1861 et 1863 selon la chronique municipale.

En 1847, 694 personnes sont réduites en esclavage parmi 1 748 habitants. Quand l’usine du Baril cesse le sucre, 430 engagés et affranchis y sont encore comptés. Le vacoa reste un métier nommé sur cette côte.

Du 2 avril au 1er mai 2007, l’éruption du Tremblet ouvre dans le Grand-Brûlé. La lave atteint la mer onze heures après le début. Si vous tenez un souvenir du bourg, du Baril, de Basse-Vallée ou du Tremblet — une façon de pêcher, la fête du vacoa, un nom de case, une mémoire de famille — il a sa place ici. On peut le raconter et le déposer.