Nout Communes • N° 10 dans l’ordre historique

Saint-Joseph

Le Sud sauvage des rivières, du vacoa, de la canne et des anciennes usines.

Naissance de la commune

Saint-Joseph, avant et après sa naissance administrative

En 1785, le gouverneur de Souville nomme Joseph Hubert commandant du quartier. Le nom Saint-Joseph est celui du gouverneur, pas le sien.

Histoire lontan

Ce que le territoire raconte

On place des colons à Vincendo dès 1735. Le récit plus ancien dit pourtant autre chose : de Manapany au Grand-Brûlé, on est parmi les derniers à s’installer. L’eau manque. Les remparts de la Basse-Vallée et de Manapany ferment le passage. La lave du Baril, aujourd’hui Saint-Philippe, porte peu de terre.

En 1784, Souville fixe les limites d’une paroisse. Elles vont du Grand-Brûlé à la ravine à Panon, puis jusqu’à la ravine Manapany. En 1785, il nomme Joseph Hubert commandant. Hubert, né à Saint-Benoît en 1747, voulait appeler le quartier les Nouvelles-Moluques, pour y faire pousser les épices. Le Conseil terrier décide autrement. Il le nomme Saint-Joseph, du prénom du gouverneur. Hubert l’écrit lui-même : Souville a créé le quartier, et l’a nommé commandant. Deux siècles plus tard, le Département l’appelle, lui, le créateur. Les deux phrases ne disent pas le même geste. Sous les Anglais, on propose Saint-Hubert. Il refuse.

Le curcuma et la muscade lui sont attachés. Le Département ajoute l’ayapana, le café, et une explication précoce des cyclones. Il marque en 2025 les deux cents ans de sa mort. En 1795, la paroisse compte 1 300 habitants. Le bourg se tient au débouché de la Rivière des Remparts. Saint-Philippe est encore dans ce quartier. Manapany, plus tard, sera partagé avec Petite-Île.

La canne remplace les épices. Vers 1853, Gabriel Le Coat de Kervéguen — on écrit aussi Kerveguen — fait bâtir l’usine Langevin, rive droite, au lieu-dit Bois-Noirs. En 1861, l’île compte 119 sucreries. La famille en tient une quinzaine, et plus de 3 000 personnes. Trois sont à Saint-Joseph : Vincendo, le Piton, Langevin. Le sucre de Langevin s’arrête au début du XXe siècle. On y tire ensuite une fibre de choca. Cette fabrication, elle, est dite fermée au début des années 1920. Puis des serres d’anthuriums, celles de Charles Payet, puis une pépinière de la ville. Une cheminée est inscrite le 16 avril 2002. Le 22 mars 2022, l’inscription couvre les deux cheminées, les vestiges, la roue et le canal. L’eau de la rivière et les bassins qui ne se recouvrent pas sont sur la page de la vallée. L’usine entre dans Nout Usines.

Au XIXe siècle, les sacs de vacoa font un métier. Le tressage de Saint-Joseph est reconnu dans l’île. De 22 361 habitants en 1968, la commune passe à 39 207 en 2023. Le Sud sauvage n’est pas un décor. C’est une plaine tardive, un commandant qui n’a pas choisi le nom, et une usine devenue pépinière.

Population — évolution

De 22 361 à 39 207 habitants

AnnéePopulation municipale
196822 361
197523 653
198223 307
199025 630
199930 293
200734 602
201237 069
201737 644
202339 207

Quartiers, îlets & écarts

Un territoire à parcourir par ses lieux

Paysage

Des colons à Vincendo dès 1735. Le bourg au débouché de la Rivière des Remparts. La canne remplace les épices.

Quartiers, îlets & écarts

Centre, Langevin, Vincendo, Jean-Petit, Les Lianes, Carosse, Manapany-les-Bas/secteur, Grand Coude, Plaine des Grègues, Matouta, Jacques Payet.

Saint-Joseph : chaque quartier ouvre sa propre lecture

Chaque bouton ouvre une notice. Les quartiers se lisent avec le peuplement du Sud, les usines et les Hauts.

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Langevin

La cheminée Langevin, à Saint-Joseph
La cheminée Langevin, 19 mai 2011. Photographie contemporaine. Thierry Caro, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0.

Vers 1853, Gabriel Le Coat de Kervéguen fait bâtir l’usine Langevin, rive droite, au lieu-dit Bois-Noirs. Le sucre s’arrête au début du XXe siècle. On y tire ensuite une fibre de choca, dite fermée au début des années 1920. Puis les serres de Charles Payet, puis une pépinière. Une cheminée est inscrite le 16 avril 2002. Le 22 mars 2022, l’inscription couvre les deux cheminées, les vestiges, la roue et le canal.

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Vincendo

On place des colons à Vincendo dès 1735. Une des trois sucreries de la commune est ici. L’ancienne sucrerie Vincendo, rue Orré Fanfan, est recensée dans l’inventaire CASIAS/BASIAS sous le code REU97400071, en arrêt.

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Jean-Petit

Jean-Petit se tient sur la route départementale D33, entre Saint-Joseph et Grand Coude. Le parcours du Parc national qui relie Grand Coude à Grand Galet passe par ce village avant l’aire de pique-nique du Ti Serré.

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Les Lianes

Les Lianes est un écart des Hauts de Saint-Joseph. Cette notice reste incomplète : les dates de peuplement, les familles et les usages agricoles n’ont pas encore été rassemblés ici à partir de sources nominatives.

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Carosse

Carosse est un écart de Saint-Joseph. Cette notice reste incomplète : l’origine du toponyme, les dates et les acteurs n’ont pas encore été documentés ici.

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Grand Coude

Grand Coude se gagne par la D33. Le Parc national y place le départ d’un parcours vers Grand Galet devant l’usine à thé. Il retient, pour ce village, le thé et le géranium : une expérience de thé y est datée de 1972, et le Labyrinthe En-Champ-Thé, 18 rue Émile Mussard, y reprend une production. L’association La Ferme Péi, 62 rue Théophile Gauthier, y propose la visite guidée de la Forêt du Rempart, forêt de bois de couleurs de sept hectares. L’arrêté préfectoral n° 2026-591 du 29 avril 2026 interdit notamment, sur la commune, le sentier de Grand Galet – Grand Coude et le sentier Bérénice.

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Plaine des Grègues

La Plaine des Grègues est un écart des Hauts de Saint-Joseph. La Maison du Curcuma, 14 chemin du Rond, s’y présente comme producteur d’épices et y propose visite et dégustation.

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Matouta

Matouta est un écart de Saint-Joseph, du côté de Vincendo. Cette notice reste incomplète : les sources nominatives sur le peuplement et les usages du lieu n’ont pas encore été réunies ici.

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Jacques Payet

Jacques Payet est un écart de Saint-Joseph. Il n’est pas confondu avec Charles Payet, aux serres de Langevin. Cette notice reste incomplète : l’histoire du quartier n’a pas encore été développée ici à partir de sources nominatives.

Nout terroir

Épices, canne, vacoa

Les épices précèdent la canne. Le curcuma et la muscade sont attachés à Joseph Hubert. Le Département ajoute l’ayapana et le café. Hubert voulait appeler le quartier les Nouvelles-Moluques, pour y faire pousser les épices. Le Conseil terrier décide autrement.

Vers 1853, Gabriel Le Coat de Kervéguen fait bâtir l’usine Langevin. Trois sucreries sont à Saint-Joseph : Vincendo, le Piton, Langevin. Le sucre de Langevin s’arrête au début du XXe siècle. On y tire ensuite une fibre de choca, dite fermée au début des années 1920. Puis des serres d’anthuriums, celles de Charles Payet, puis une pépinière de la ville.

Au XIXe siècle, les sacs de vacoa font un métier. Le tressage de Saint-Joseph est reconnu dans l’île. À Grand Coude, le Parc national retient le thé et le géranium : une expérience de thé y est datée de 1972. À la Plaine des Grègues, la Maison du Curcuma s’y présente comme producteur d’épices. La page du vétiver nomme déjà Saint-Joseph. Ses photographies ne montrent pas la commune.

Nout patrimoine

Les lieux et les mémoires à préserver

L’usine Langevin, inscrite en 2022 avec ses deux cheminées, sa roue et son canal. Le vacoa. Grand Coude, la Plaine des Grègues, Vincendo, Manapany partagé avec Petite-Île.

Nout moun

Joseph Hubert, nommé en 1785, qui n’a pas donné son nom au quartier. Gabriel Le Coat de Kervéguen. Charles Payet, aux serres.

La Rivière Langevin et la vallée ont leurs pages. L’usine entre dans Nout Usines. Le quartier contenait Saint-Philippe. Manapany touche Petite-Île. Le vacoa aussi. La page du vétiver nomme déjà Saint-Joseph. Ses photographies ne montrent pas la commune. La Rivière Langevin et la cascade Grand Galet ont déjà leur notice de lieu. La Marine de Vincendo a la sienne : site littoral, pas une plage de baignade classique. Le Trou Noir a sa notice : bassin et cascade dans la vallée. La page de la vallée dit que les listes de bassins ne coïncident pas. La Rivière des Remparts a sa notice : vallée et ancien accès à Roche Plate. Ce n’est pas l’îlet de Mafate qui porte le même nom. Le cap Jaune a sa notice : falaise ocre-jaune à Vincendo. La marine de Langevin a sa notice : ancienne marine du Sud sauvage.

Rakont anou

Ce que les quartiers savent encore

On place des colons à Vincendo dès 1735. Le récit plus ancien dit pourtant autre chose : de Manapany au Grand-Brûlé, on est parmi les derniers à s’installer. En 1784, Souville fixe les limites d’une paroisse. En 1785, il nomme Joseph Hubert commandant. Hubert, né à Saint-Benoît en 1747, voulait appeler le quartier les Nouvelles-Moluques. Le Conseil terrier le nomme Saint-Joseph, du prénom du gouverneur. Sous les Anglais, on propose Saint-Hubert. Il refuse.

En 1795, la paroisse compte 1 300 habitants. Le bourg se tient au débouché de la Rivière des Remparts. Saint-Philippe est encore dans ce quartier. Vers 1853, l’usine Langevin est bâtie rive droite, au lieu-dit Bois-Noirs. Une cheminée est inscrite le 16 avril 2002. Le 22 mars 2022, l’inscription couvre les deux cheminées, les vestiges, la roue et le canal.

Le vacoa nomme un métier déjà tenu. Les Lianes, Carosse, Matouta et Jacques Payet restent des notices incomplètes : les dates et les familles n’ont pas encore été rassemblées ici à partir de sources nominatives. Si vous tenez un souvenir de Langevin, de Vincendo ou des Hauts — une usine, un tressage, une mémoire de famille — il a sa place ici. On peut le raconter et le déposer.