Nout ZistoirComprendre d’où nous venons pour mieux transmettre ce que nous sommes. Participer

Nout Lieux · Village disparu

Mafate-les-Eaux

Une source chaude et soufrée, dans le fond de la rivière des Galets. Autour, un îlet. Puis le Bronchard a bougé, et le village n’est plus là.

Avant d’être un cirque

Dès 1853, sous le gouvernorat d’Henri Hubert-Delisle, on essaie d’y faire une station thermale. Un pharmacien et un médecin s’y mettent. L’îlet qui pousse autour de la source s’appelle Mafate. C’est lui qui, plus tard, donne son nom au cirque. Une autre mémoire place l’essor du village vers 1880, avec des auberges, un apothicaire, une chapelle et un chemin départemental. Ces détails viennent d’un récit local. Ils ne sont pas dans les mêmes textes que la date de 1853. On les garde à part. On ne les fond pas.

Le nom lui-même a plusieurs sens proposés. Ils sont sur la page Mafate, le nom.

Deux dates pour la fin

Un récit situe un premier pan du Bronchard sur la source en 1912, un second en 1913, et l’abandon du village. Un autre place l’ensevelissement des maisons en 1916. Les deux ne disent pas la même année. Ils disent la même chose sur l’issue : le site thermal ne se relève pas. On ne republie pas ici le sort de la cloche de la chapelle : il n’a pas été retrouvé dans les textes ouverts pour cette page.

Le cirque, lui, est resté. Sans route jusqu’aux îlets. Le marronnage, les crêtes et les camps sont une autre histoire, dans Marronnage et Nout Îlets.

Une source, un îlet, un nom qui monte

Mafate-les-Eaux n’est pas le cirque. C’est un village thermal disparu, dans le fond de la rivière des Galets. Autour d’une source chaude et soufrée, un îlet a poussé. On l’a appelé Mafate. Plus tard, le nom a gagné le cirque entier. L’ordre compte : le village d’abord, le cirque ensuite. Beaucoup de visiteurs font l’inverse. Ils connaissent Mafate sans route, les îlets, le marronnage. Ils ne savent pas toujours qu’un bourg d’eau chaude a précédé, puis a disparu.

Dès 1853, sous le gouvernorat d’Henri Hubert-Delisle, on essaie d’y faire une station thermale. Un pharmacien et un médecin s’y mettent. C’est la date que tiennent les textes de gouvernement. Une autre mémoire place l’essor du village vers 1880, avec des auberges, un apothicaire, une chapelle et un chemin départemental. Ces détails viennent d’un récit local. Ils ne sont pas dans les mêmes textes que 1853. On les garde à part. On ne les fond pas. Une date d’essai n’est pas une date d’essor. Un récit de chapelle n’est pas un acte.

La rivière des Galets, vue depuis le Cap Noir.
La rivière des Galets. Mafate-les-Eaux était un îlet thermal dans ce fond. Photographie de Olaf2, CC BY-SA 3.0. Fichier d’origine.

Le nom lui-même a plusieurs sens proposés. Ils sont sur la page Mafate, le nom. Cette page ne les répète pas. Elle dit seulement que le village a donné son nom au cirque, et que le cirque a survécu au village. C’est déjà une leçon : à La Réunion, les noms voyagent plus loin que les maisons.

Deux dates pour la fin, une seule issue

Un récit situe un premier pan du Bronchard sur la source en 1912, un second en 1913, et l’abandon du village. Un autre place l’ensevelissement des maisons en 1916. Les deux ne disent pas la même année. Ils disent la même chose sur l’issue : le site thermal ne se relève pas. Cette page ne départage pas. Elle refuse aussi de republier le sort de la cloche de la chapelle : il n’a pas été retrouvé dans les textes ouverts pour cette fiche. Une cloche qui circule dans les bouches n’est pas une cloche établie.

La rivière des Galets depuis le Cap Noir, autre vue.
Le même fond, autre lumière. Le village n’est plus là. Photographie de Olaf2, CC BY-SA 3.0. Fichier d’origine.

Le Bronchard a bougé. La source a été prise. Les maisons n’ont pas repris. Hell-Bourg, lui, a tenu comme bourg thermal. Cilaos aussi. Mafate-les-Eaux n’a pas eu cette chance. Trois cirques, trois eaux, trois destins. Hell-Bourg a sa page. Cilaos a la sienne. Ici, on tient le village qui n’est plus là.

Ce que le cirque a gardé, ce qu’il n’a pas gardé

Le cirque est resté. Sans route jusqu’aux îlets. Le marronnage, les crêtes et les camps sont une autre histoire, dans Marronnage et Nout Îlets. Mafate-les-Eaux n’est pas un camp de marrons. Ce n’est pas non plus un îlet d’aujourd’hui. C’est un essai de station, au XIXe siècle, dans un fond de rivière, et une fin au début du XXe. On ne le transforme pas en légende de marronnage. On ne le transforme pas non plus en carte postale d’eau chaude.

La rivière des Galets, dans Mafate.
La rivière des Galets, dans le cirque. Photographie attribuée à Bouba sur Wikimedia Commons (hypothèse de la plateforme). Photographie de Bouba (hypothèse Commons), CC BY-SA 2.5. Fichier d’origine.

Les photographies montrent la rivière des Galets, vue depuis le Cap Noir, et le nom sur un panneau. Elles ne montrent pas le village. Elles ne le peuvent pas. Le village n’est plus là. On les publie pour le fond : c’est dans ce lit, sous ces remparts, qu’une source a tenu un îlet, puis que le Bronchard a décidé autrement. La rivière des Galets a aussi découvert, beaucoup plus tard, des arbres morts dans son lit. Ce n’est pas la même histoire. C’est la même eau.

Panneau de la rivière des Galets.
Le nom de la rivière. Le village thermal, lui, n’a plus de panneau. Photographie de Rémih, CC BY-SA 4.0. Fichier d’origine.

Aujourd’hui, on marche dans Mafate. On parle des îlets. On parle du Grand Raid. On parle du cirque sans route. On parle trop peu de Mafate-les-Eaux. Cette page le remet à sa place : avant le nom du cirque, il y a eu un village d’eau. Il a commencé sous Hubert-Delisle. Il s’est arrêté avec le Bronchard, en 1912-1913 ou en 1916. Les deux dates restent. Le village, non.

Ce que l’eau chaude a promis, ce que la pierre a repris

Au XIXe siècle, l’île a cherché des stations. Cilaos a tenu. Hell-Bourg a tenu. Mafate-les-Eaux a essayé. Une source soufrée, un pharmacien, un médecin, un îlet : c’était assez pour commencer. Ce n’était pas assez pour durer quand le Bronchard a bougé. On ne sait pas, dans les textes ouverts, si l’abandon a suivi 1912-1913 ou 1916. On sait que le site thermal ne s’est pas relevé. Les deux autres bourgs d’eau, si. Cette différence n’est pas une morale. C’est une géographie : un fond de rivière n’est pas un plateau de cirque.

Ceux qui marchent aujourd’hui vers les îlets de Mafate ne passent pas devant un kiosque de source. Ils passent devant un nom. Le cirque a gardé le nom. Il n’a pas gardé le village. C’est déjà une leçon de toponymie réunionnaise : le mot voyage, la maison non. Hell-Bourg montre ce qu’une station peut devenir quand elle tient. Cette page montre ce qu’elle devient quand elle ne tient pas.

Mafate, le nom Rivière des Galets Nout Îlets Nout Zistoir