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Nout Zistoir · Toponymie

Mafate, le nom

Le cirque n’a pas toujours porté ce nom. Le mot a d’abord désigné un bras d’eau, une source, un îlet. Plusieurs lectures circulent. Aucune n’a clos les autres.

Ce que les papiers montrent

Sur un plan de 1834, « Mafaque » est un bras de la rivière des Galets, pas le cirque entier. Le cirque s’est longtemps appelé cirque de la Rivière des Galets, parfois cirque d’Aurère. Le nom de cirque de Mafate apparaît sur une carte des Eaux et Forêts en 1878. Il vient de l’îlet thermal, qui a fini par donner son nom au creux tout entier. Cette page du nom et celle du village disparu se lisent ensemble.

En septembre 1751, le chasseur d’esclaves François Mussard dit avoir tué, au pied du Bronchard, un homme qui se nomme Maffack, esclave de la Compagnie, et sa compagne. Deux rapports de chasse, en 1747 et en 1751, parlent d’un campement au Bronchard : quelques cases de bois, un peu de culture, un petit groupe. Les fouilles récentes ne voient pas là un réseau organisé, ni des défenses. Elles voient de petites communautés dispersées. Le rapport de Mussard ne dessine pas, à lui seul, le sorcier que les récits ont ensuite fixé.

Ce que l’on a fait dire au mot

On a traduit Mafate par « qui pue », à cause du soufre, et par « qui tue », à partir du malgache mahafaty. Des gens qui voulaient ouvrir la source, au milieu du XIXe siècle, ont aussi proposé mafana, le chaudron. Eugène Dayot, dans ses récits, a popularisé le sorcier des eaux puantes. Une autre tradition parle d’un chef nommé Maffa, lui aussi tué. L’office de l’Ouest le dit clairement : rien n’est sûr.

Choisir une seule de ces phrases, c’est effacer les autres. Le marronnage du cirque est raconté dans Marronnage. Les îlets, dans Nout Îlets. Le creux touche plusieurs communes de l’Ouest, dont La Possession, Saint-Paul et Trois-Bassins.